17/07/2010

L'enjomineur, 1793


Philippe appelle ça un passe-plat. Vous savez, le second volume dans une trilogie. Ce n'est pas qu'il soit mauvais, mais il se retrouve coincé entre un premier volume où le lecteur a été charmé par la découverte d'un univers nouveau et le dernier volume où l'histoire se termine en apothéose. Alors lui, le passe-plat, il se contente de faire le pont entre ces deux extrémités. Il fait vaguement progresser l'intrigue, mais pas trop vite car il faut en garder sous le pied pour le final. Et comme l'effet de surprise est passé, on se retrouve dans un décor qui sent un peu le déjà-vu avec une action un peu mollassonne.

L'enjomineur, 1793 est donc sans surprise. Il poursuit sur la lancée de L'enjomineur, 1792 mais il a un drôle de goût en bouche. Émile continue d'être le gentil gars de service que les fées font monter à Paris pour qu'il utilise une dague magique sur le chef d'un culte secret qui veut régner en maître du monde ("Aujourd'hui la rue Quincampoix, demain le monde (rire infernal)....". Cornuaud est toujours ce salopard qui survit au jour le jour en commettant des crimes de plus en plus sanglants. Et Paris oscille entre la Lumière des philosophes et l'étrange magie de Mithra, comme avant. Rien de nouveau sous le soleil. Il y a bien quelques pièces qui se déplacent sur l'échiquier pour préparer l'assaut final, mais ce passe-plat manque cruellement d'un retournement de situation imprévisible. Les personnages font scrupuleusement ce que l'on attend d'eux, c'est terriblement ennuyeux. Oh, il y a bien un cliffhanger super téléphoné à la dernière page, mais ça ne rachète pas les 474 pages un peu tiédasses qui ne servent finalement qu'à retarder l'inéluctable.

J'appelle ça le syndrome de la zyglute : un autruche qui a trois pattes n'est pas nécessairement plus stable que celle qui n'a que deux pattes. Il en va de même avec les romans vendus par trois.

Pierre Bordage est toujours aussi bon pour évoquer cette Révolution qui verse dans le fantastique, mais je crois que la trilogie est une manie assez exaspérante chez les auteurs. J'attends tout de même de pouvoir lire la fin de cette histoire, car Bordage est arrivé à créer une vraie ambiance dans sa série, mais je reste persuadé que diluer une sauce est le plus sûr moyen d'en dénaturer le bon goût.

7 commentaires:

  1. J'ai la trilogie qui m'attend depuis un moment, j'adore Bordage mais je n'arrive pas à me lancer et ce n'est pas ton billet qui va me motiver...

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  2. Attention, c'est une très bonne série, mon billet sur le premier tome est enthousiaste en diable. Le hic, c'est que le tome du milieu est mou du genou, mais il n'est pas mauvais.

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  3. J'ai eu la même impression à la lecture du tome 2, et l'ennui a pour ma part perduré dans le troisième, chose rare avec Pierre Bordage que je préfère toutefois dans ses récits de science-fcition.

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  4. Bon donc je peux attaquer le tome 1 les yeux fermés (bien que ce ne soit pas très pratique pour lire! :D)
    J'aime beaucoup Bordage en Sf aussi, mais il m'a soufflée dans "Porteurs d'âmes"

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  5. Perso, j'ai trouvé le Tome 1 assez Naïf, ça m'a trop rappelé du Moorcok par moment tellement c'est naïf ....

    bon vu le nombre de Roman de Bordage, j'me posais une question.... il à pas un Nègre le Bordage ?

    franchement ! des fois je reconnais pas son style...

    bref voilou

    P.S: si je fais des fautes d'expression c'est que je soufre de Dysorthographie

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  6. @ Phooka
    Ah ouais, tu as aimé "Porteurs d'âmes". Il faut que je trouve un moyen de bloquer ton IP ;o)

    @ Atreyou
    Tu le qualifies de "naïf", moi je penche plutôt pour "manichéen". Le gentil paysan gnan-gnan d'un côté, le salopard assassin et violeur de noires de l'autre... Mais son Paris tout moite et en pleine fureur magico-politique, je ne le trouve vraiment pas naïf.

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  7. @Cedric... oui en fait tu as raison c'est plus le personnage nian nian... le Paris est pas mal...en tout cas ça ne m'a pas donnée envie de lire la suite...

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