09/08/2010

The blade itself (The first law: book one)


Ah ben tiens, une trilogie de fantasy. Je suis à peine prévisible.

Dans une capitale pas réellement décrite, plusieurs personnages s'agitent. Il y a un inquisiteur qui fait torturer des innocents alors que lui-même a connu 2 ans de torture dans les geôles d'un pays ennemi. Il y a un jeune noble qui s'entraîne pour un tournoi d'escrime censé lui apporter puissance et gloire. Il y a un barbare à la réputation sanglante qui se retrouve perdu dans la civilisation. Il y a une esclave en fuite qui a juré de tuer tous les membres du peuple qui l'a exploitée. Il y a un puissant magicien au pouvoir incommensurable qui sait ce qui va se passer. Il y a un roi sénile sur un trône convoité par ses fils. Il y a des mangeurs de chair humaine.

L'intrigue ? Oh, visiblement, des magiciens puissants utilisent ce monde comme un plateau de Risk. Et la majorité des personnages que l'on suit dans notre lecture vont former, au bout de 624 pages d'introduction, un groupe d'aventuriers avec une mission qui doit plus ou moins sauver le monde. Enfin, je l'imagine, car on en apprend très peu sur le métaplot dans ce volume séminal. On perd un temps fou avec l'entraînement d'escrime et le tournoi, sans que ça apporte grand chose au récit. On se met soudain à suivre les tribulations d'une troupe de barbares dans le nord. On comprend que le royaume est menacé au nord et au sud et que c'est sans doute un coup des magiciens qui s'affrontent depuis des lustres pour savoir qui a la plus grosse.

Honnêtement, la série se serait concentrée sur le personnage de l'inquisiteur torturé, j'aurais été conquis. C'est un personnage intéressant, un ancien héros qui est devenu un arracheur de dents. Mais non, l'auteur alterne les points de vue et passe par les autres personnages, qui ne sont pas aussi intéressants. On se disperse. Et l'intrigue avec les magiciens qui se font la guerre est chiantissime. L'univers serait décrit avec talent, je ne dis pas, mais ce n'est pas franchement une réussite du point de vue de l'écriture. La capitale est vide, le reste du pays n'a aucune âme.

Alors, oui, il y a de l'humour par moment. Du cynisme, même. Ça reste léger. Et les motivations des personnages, parlons-en : le barbare suit gentiment le magicien comme un petit chien, sans se poser de questions. Les autres sont présents dans le groupe parce que le magicien sait que ce sont eux. Il ne dit jamais le mot prophétie, mais c'est pareil. Ta gueule, c'est magique.

Avec deux fois moins de pages, j'aurais sans doute été indulgent avec certaines faiblesses de ce premier volume, mais les deux autres bouquins de la série sont aussi épais, aussi je sais à l'avance que je n'aurai pas la patience de passer à travers autant de verbiage pour une histoire qui ne me passionne pas plus que ça.

20 commentaires:

  1. Ackinty10/8/10

    Mpfff.
    Je vais passer pour un grognon, et pourtant je trouve certaines de vos critiques intéressantes. Elles m'ont permis de découvrir quelques bons bouquins (Gomorra, par exemple).
    Mais pourquoi s'acharner sur des tas de livres que vous trouvez mauvais ?

    Ok, ça fait du bien de dire du mal, mais pourquoi ne pas réserver votre énergie à nous parler de ce que vous aimez, plutôt que de nous abreuver (oui, c'est parfois mon sentiment, en vous lisant) de critiques négatives ?

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  2. Dans mes derniers billets, j'ai dit du bien de :
    - Mouse Guard
    - Leviathan
    - Breaking Bad
    - La guerre éternelle
    - Little brother
    - Le maître d'escrime
    ...

    Alors, oui, il m'arrive de m'essuyer les pieds sur un roman. Souvent de fantasy parce que j'affectionne ce genre malgré ses défauts ataviques. Mais si je peux permettre à quelqu'un qui a les mêmes goûts que moi de perdre du temps sur des romans que j'ai détestés, alors c'est tant mieux.

    Si je devais ne parler que des bons livres de fantasy que j'ai lus, il n'y aurait pas de quoi remplir un blog.

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  3. "Si je devais ne parler que des bons livres de fantasy que j'ai lus, il n'y aurait pas de quoi remplir un blog."

    Ca j'aurais pu l'écrire moi-même.

    Ou des bons livres tout court d'ailleurs.

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  4. Moi je soutiens Cédric sur ce point : l'intérêt de ce blog (qu'on trouve trop rarement), c'est de faire une véritable critique des livres. Trop souvent les blogueurs sont des publicitaires ; ils ne font que dire "j'aime bien parce qu'il y a ça, et ça et ça".

    Chacun a ses préférences, mais tout le monde n'a pas toujours de goût. Je trouve qu'être exigeant est une qualité qui me pousse à lire régulièrement ce blog

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  5. Tout pareil que Lord Orkan !

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  6. Il faut des critiques négatives ! Ne partageant pas du tout les goûts de certains chroniqueurs que je lis, il m'arrive de me dire "tiens, ça ne lui a pas plu, il fera peut-être mon affaire". Je ne dis pas que je fonce tête baissée mais ça peut déjà constituer un indice. Et selon les arguments qui sont amenés ici ou là, on peut se dire que passer à côté d'un titre ne nous fera tout compte fait pas de mal.

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  8. (hop, j'avais perdu des bouts de texte, allez comprendre)

    J'ai quand même l'impression de lire les critiques d'un dépressif de la fantasy.

    Rien de méchant hein, Cédric, mais ça fait plusieurs fois (et de plus en plus) que je me dis que tu aimes te lire. On sent le plaisir de basher avec panache. Bon, là, c'est plutôt léger et pas très enjoué que ce soit pour les bons ou les mauvais côtés mais bon. Je ne dis pas que tu lis des bons bouquins et qu'il faut donc absolument les critiquer positivement mais ça tourne de plus en plus à la "comment je pourrais casser ce détail en en faisant 10 lignes."

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  9. Si je comprends bien le chef d'accusation, on me reproche de toujours faire du Cédric Ferrand.

    Si j'aime me lire ? Oh que oui. En pensée, par action et par omission, même. Je suis mon meilleur public.
    Si j'aime dire du mal avec pétulance ? Encore là, oui, je l'avoue mon père. Et c'est là le plus véniel de mes péchés.

    Maintenant, tant qu'il y aura des gens pour me lire et sourire à ces bons mots, je me vautrerai dans cette facilité avec volupté.

    Pour les ceusses que ces galéjades agacent, j'ai la faiblesse de penser que la lecture de ce blog est facultative.

    Quant à mes lectures, elles sont sincères. Je cherche réellement à lire de bons bouquins de fantasy. J'y crois tellement que je suis prêt à embrasser bien des crapauds pour trouver la perle rare. Que l'on m'excuse de m'acharner et de trouver le moyen d'en rire.

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  10. Anonyme10/8/10

    J'ai lu cette trilogie (et le stand alone qui suit) il y a quelque temps déjà. Je suis d'accord avec vous pour dire que ce premier roman est un peu gnan, un peu longuet et nous laisse sur notre faim. Il n'apporte rien de nouveau en soit (encore que les personnages ne sont pas si lisses que cela...)
    Par contre je pense sincèrement qu'il serait intéressant de lire les suivants car le dénouement n'est pas du tout celui attendu pour un bouquin de fantasy classique... M. Abercrombie délivre une intrigue originale sur un thème classique (comme on dit chez nous, faut toujours être deux pour se battre ...) et surtout s'appuie sur un personnage central aux antipodes des poncifs du genre (notre inquisiteur infirme prend encore plus de relief dans les suivants)
    Au final cette trilogie a le mérite de sortir des sentiers battus d'une manière intelligente (à la différence d'un certain auteur de SF qui aime l'acier et les hommes qui aiment les hommes...tout cela sans queues ni têtes...(jeu de mot voulu))
    Vraiment donnez une chance à la suite, au pire vous serez agréablement surpris.

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  11. Merci Anonyme pour cette vision plus globale. Je ne promets rien, mais si je suis dans une période de disette, j'essayerai de poursuivre le cycle.

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  12. Personnellement, je trouve que descendre un bouquin méchamment et le trainer dans la boue en le tirant par les pages, c'est cool dans la mesure où c'est bien fait. Or Cedric le fait à merveille. Je ne sais pas pour vous mais j'adore le personnage de Bob (d'ailleurs, ne pourrait-on pas avoir une série d'aventures relatant le jeunesse de Bob ?)

    Par contre, il est vrai que ce blog manque peut être de quelque chose : l'envie de nous faire découvrir un bouquin de derrière les fagots, illégitimement passé sous la trappe, et qui mérite d'être remis au gout du jour.

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  13. Tes chroniques négatives ont le mérite de l'élégance... Personnellement j'aime bien.

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  14. Je plussoie Anonyme, surtout concernant la fin de la trilogie, particulièrement étonnante.

    Bon, ça reste oubliable hein. C'est de la Fantasy.

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  15. Anonyme13/8/10

    Hum,


    sur ce coup là je pense que vous êtes totalement passé à côté du livre, abus de mauvaise fantasy ? Il est vrai qu'il y en a tellement de médiocre. Mais l'avalanche d'excellente critique sur ce titre doit quand même faire réfléchir à la possibilité qu'on ne soit pas soi-même sensible au roman ET qu'il puisse être bon (moi-même je n'ai pas accroché à scott lynch encensé de partout). Dans ce cas tout ce que l'on peut faire est de donner au lecteur les raisons qui ont conduit à ce désamour au cas où il serait aussi dans ce cas.
    Vous comprendrez que j'ai fortement apprécié Joe, au point d'en faire l'héritier de Glen Cook ... mais en mieux (lu en anglais cependant)

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  16. Je soutiens les critiques méchantes de livres fantasy ! D'abord parce que ça m'évite de les lire. Ensuite, parce que le monde littéraire fait tout pour fonctionner grâce au buzz internet et il est bon de leur montrer que les bloggeurs ne sont pas que des gentils critiques bénévoles qui n'osent pas aller au-delà de "quelques faiblesses" ou "je n'ai pas aimé mais cela n'enlève rien aux qualités d'écriture"... C'est quand même pas notre faute s'il n'y a que des daubes qui sortent !

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  17. Je remarque surtout que Cédric Ferrand aime tellement lire du Cédric Ferrand qu'il ne lit même pas les billets de son co-blogueur. :)

    http://hu-mu.blogspot.com/2008/06/choral-fantasy-kezaco.html

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  18. Mince, Abercrombie est tellement oubliable que j'en ai oublié ton propre billet. J'ai pourtant bien le souvenir de cette couverture laide.

    J'ai été puni par là où j'ai péché.

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  19. Moi, ayant lu beaucoup de fantasy, je trouve qu'Abercrombie innove par ses personnages, qu'il est en effet le digne héritier de Cook, et que tant cette trilogie que Best Served Cold sont extrêmement sombres et jouissifs. Il est difficile de contrer ta critique car je pense à peu près le contraire sur tous les points :)
    Enfin je pense qu'il faut lire la suite pour se faire vraiment une idée...
    @Julien : comment ça c'est oubliable, c'est de la fantasy ?!

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