19/07/2011

L'Instinct de l'équarrisseur


Et si Sherlock Holmes et le Dr Watson avaient été contemporains d'Arthur Conan Doyle et que ce dernier avait vécu avec eux des histoires tellement folles qu'il lui serait impossible d'en relater la stupéfiante vérité ? Dès lors, il serait obligé d'affadir ses récits et de faire des deux héros des gentlemans certes doués, mais horriblement normaux. C'est le pari de L'Instinct de l’équarrisseur, biographie totalement folle d'un Arthur Conan Doyle complètement dépassé par les évènements et mangé tout cru par un Holmes cruel et un Watson envahissant. Au menu : monde parallèle, démon, vaisseau spatial et inventions folles. C'est une succession de scènes d'action qui sentent la poudre, une enfilade permanente d'exagérations littéraires. Holmes est un asssassin impitoyable. Moriarty massacre des enfants. Il y a des ewooks (ou presque). Et c'est drôle.

Bon, il y a comme un parfum de la ligue des gentlemen extaordinaires, car Thomas Day convoque le ban et l'arrière-ban littéraire de cette époque (et donc, forcément, je suis passé à côté de plusieurs clins d'oeil). Ce n'est d'ailleurs pas la meilleure idée du roman : les passages avec Jack London ou Oscar Wilde auraient gagné à laisser encore plus de place au duo Holmes/Watson. Mais que d'agitation dans ce roman qui se moque de la légende de Baker Street ! Doyle est bringuebalé d'un point à l'autre de l'intrigue pour assister in fine à l'incontournable affrontement entre deux monstres d'égale envergure. Si Guy Ritchie est dans l'exagération avec son Sherlock Holmes, Thomas Day est lui dans une outrance permanente. Il pousse la manette à fond, à toute vapeur. Alors oui, ça dérape par moment, mais dans l'ensemble, ça tient superbement la route pour peu que l'on accepte ce genre de transgression.

5 commentaires:

  1. Je l'avais lu il y a pas mal de temps (la chronique sur mon blog date d'octobre 2007) et j'étais arrivé à peu près à la même conclusion. Thomas Day en fait des tonnes et, le plus souvent, ça passe, mais souvent ça agace aussi.

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  2. C'est vrai que les dilongations de London et Wilde sont un brin ennuyeuse, mais il n'empêche que ce roman m'a vraiment beaucoup plu. Pas de quoi faire un univers complexe à décrire en 20 tomes, pas de clichés. Bien au contraire : un roman one-shot qui surprend par son écriture sans retenu, par son humour sans gêne, et par sa lutte contre les lieux communs. Je n'ai personnellement jamais eu l'occasion de lire un sherlock holmes aussi génial. C'est vraiment un des romans que je conseillerais à toutes les personnes qui veulent se faire une idée du steampunk

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  3. D'habitude j'aime bien ce que fait Day, masi là je l'avais trouvé beaucoup trop dérapant.

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  4. "Alors oui, ça dérape par moment, mais dans l'ensemble, ça tient superbement la route pour peu que l'on accepte ce genre de transgression."
    Tout à fait ce que je pense de ce roman.

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  5. Effectivement, ça pète de partout, il y a des clins d’œil à chaque chapitre et les personnages sont des mélanges de caricatures.

    Ceci dit entre le titre et la couverture on peut s'attendre à ne pas avoir à faire à une histoire classique de Sherlock Holmes et ne pas se sentir volé sur la marchandise. :-)

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