22/09/2011

Wastburg - Cédric Ferrand - Critique "Contra"


Afin de contrebalancer l'avis de Philippe, dont on peut légitimement douter de l'impartialité et de l'objectivité, Hugin et Munin ont demandé à Bob son avis sur Wastburg. En guise de critique, le célèbre agent littéraire spécialisé en Fantasy a livré l'enregistrement de l'entretien qu'il a eu avec Cédric Ferrand quand celui-ci lui a demandé de prendre en charge son manuscrit.

- Bonjour m'sieur Bob. Vous avez lu mon manuscrit ? Vu qu'on écrit dans le même blog, ça crée des liens, je me disais que peut-être vous pourriez...

- Ah oui, ça... Mon petit Cédric, je vous félicite. Si vous aviez pondu votre bouquin plus tôt, Orson Scott Card aurait pu se dispenser d'écrire "Comment écrire de la Fantasy et de la Science-fiction".

- Ah ?...

- Oui, il aurait juste pu donner comme définition de la Fantasy : "Vous voyez Wastburg ? Hé bien c'est l'inverse".

- Heu...

- Sérieusement. Vous vous foutez vraiment de moi, hein ? Vous croyez que j'ai que ça à faire, lire des daubes infâmes de cet acabit ?

- Comment ça, une daube ?

- Oui, une daube, et je pèse mes mots ! Il y a tellement de lacunes et de trous dans le concept, que si c'était un bateau il aurait coulé avant de larguer les amarres. Vous l'avez testé avec le Fantasy Bingo, votre truc ?

- Ben, non...

- Heureusement pour vous. Regardez. Un seul bon résultat, et qu'est-ce que c'est ? Une armure rouillée.


- Il y a des auberges, dans Wastburg...

- On a même l'impression qu'il n'y a que ça ! Vous avez écrit une étude sur des alcooliques imaginaires !  A quoi ça sert d'écrire sur ce blog pour vous essayer de vous inculquer un peu du métier ? Je l'ai déjà dit : la Fantasy, c'est comme les figures imposées du patinage artistique : on n'invente rien d'une performance à une autre, on change juste l'ordre et la qualité d'exécution des figures. Vous, vous traversez la patinoire tout droit en chancelant et vous vous mangez la balustrade en face. A quoi ça vous a servi, vraiment, de passer vos années d'adolescence à faire du porte-monstre-trésor, à lire tout Weis et Hickman ? Tous ces romans Warhammer relus à titre semi-professionnel ne vous ont-ils rien appris ? C'est ainsi que vous remerciez tous ces auteurs qui vous ont porté sur les fonts baptismaux du médiéval-fantastique ? Ils ont peuplé votre imaginaire, nourri vos fantasmes adolescents de puissance, satisfait vos pulsions régressives, ils vous ont permis de vous isoler du quotidien, vous ont préservé de Christine Angot ! Et dès que vous en avez la possibilité, qu'est-ce que vous faites ? Vous crachez sur leur héritage ! Wastburg, c'est de la merde, et vous avez posé votre étron sur la tombe de Tolkien !

- Quand même...

- Ne niez pas !"Tolkien est le kyste sur le cul de la littérature fantasy." Ca vous dit rien ? Mais quand on regarde votre pauvre bouquin tout maigrichon, même pas une trilogie ni un diptyque, est-ce qu'on y trouve la moindre bataille ? Le moindre enjeu héroïque ? Un début de quête ? Ca se prétend rôliste, et c'est incapable de pondre le moindre foutu système de magie !

- Mais...

- Je n'ai pas fini ! Et votre style, mon pauvre ami, votre style. Pathétique. Un bon écrivain de Fantasy, il s'efface devant sa création, son monde EST son œuvre. On doit l'oublier, il doit être neutre, transparent, terne, fade. Il faut qu'on puisse lire au kilomètre sans avoir l’œil attiré par des fioritures. La Fantasy, c'est du world-building, un peu de story-telling. Vous, vous êtes gouré, vous avez fait du word-telling ! C'est pas pour rien que dans un vrai roman de Fantasy, on trouve une carte ! Si vous voulez faire du style populo, vous écrivez du polar. Mais venez pas souiller un genre essentiellement lu par des ados mal intégrés avec votre argot ! Vous croyez qu'ils ont pas déjà assez de difficultés sociales comme ça ?

- Mais c'est ma jactance ! Je cause comme ça en fait !

- Hé bien il fallait vous abstenir d'écrire ! Avec l'autre fâché de la ponctuation, là, Calvo, elle est belle l'écurie d'auteurs des Moutons électriques. Une bergerie d'auteurs, oui ! Une porcherie, même ! Les cochons électriques, voilà comment vous devriez vous appeler ! Crapule-fantasy, le terme est bien trouvé. C'est vous les crapules, les parasites, vous vivez comme des tiques sur un genre littéraire à qui vous ne donnez rien en retour. Ingrat ! La Fantasy vous a nourri, vous lui chiez dans la main.

(Fin de l'enregistrement)

3 commentaires:

  1. Mouhahaha, j'adore le fantasy bingo.

    Sinon, c'est bizarre, cette chronique me donne envie de lire le livre en question. C'est normal ?

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  2. Je l'aime bien, moi, l'oncle Bob. Faut juste qu'il tombe pas sur mes manuscrits à moi.

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