10/09/2012

Concrete par Paul Chadwick



Je relis actuellement beaucoup des bandes dessinées achetées dans les années 90, quand je vivais en Angleterre. Je viens de me replonger avec délectation dans Concrete de Paul Chadwick, et je voulais partager avec vous la magie de cette série unique et magnifique.
Je ne crois pas qu'il y ait dans mon (ample) collection de bandes dessinées une série plus humaniste que celle-ci. Si vous n'avez pas entendu parler de Concrete (ce qui n'est pas improbable...), alors voici le pitch: un jeune homme, attaché d'un sénateur Américain et promis à une belle carrière est enlevé par des aliens lors d'un weekend de camping à la montagne. Son esprit est transféré par les aliens dans un corps de roche hyper puissant. Il parvient à s'échapper et, avec l'aide de son ancien patron le sénateur se soumet à un programme scientifique du gouvernement américain (qui souhaite évidemment examiner cet exemple de technologie alien). Son isolation lui pèse toutefois, et il tente sans succès de s'enfuir. Les officiels, comprenant qu'ils ne pourront pas le garder éternellement enfermé signent un accord avec lui: il sera présenté au public comme le seul survivant d'une expérimentation ratée dans le domaine des cyborg. Une campagne marketing est lancée pour le mettre en avant comme un gentil imbécile dans l'espoir que les fans de conspirations l'oublieront rapidement. En échange de sa (relative) liberté, il doit se soumettre à des tests scientifiques constants (et, évidemment, ne pas révéler sa véritable identité). 
Sur base d'un postulat typiquement super-héroïque, Concrete est en fait l'antithèse de l'histoire classique de super-héros. C'est l'histoire d'un homme qui découvre à travers un corps nouveau un monde de possibilités et devient... bien moins qu'un homme. Concrete souhaite utiliser son corps surpuissant pour "faire la différence" (traverser l'atlantique à la nage, sauver une famille de fermiers de la banqueroute, construire un pont suspendu pour des villageois népalais...) sans bien savoir ce que "faire la différence" veut dire. Il vit avec son assistant Larry et la biologiste assignée par le gouvernement pour son suivi "médical", Maureen (dont il est follement amoureux, sans espoir aucun de conclusion...)
Concrete est touchant, drôle, puissant et (plus que tout, comme je l'ai dit plus haut), humaniste. Chadwick est un observateur fin et mordant des travers de notre société moderne vue à travers les yeux d'un étranger qui n'en est pas un.
Je suis (de nouveau) tombé amoureux de Concrete.

1 commentaire:

  1. Très bonne BD en effet ! Ça me donne envie de la relire... Mais je crains que les dialogues perdent un peu à être traduits en français.

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