14/04/2014

L'Usage des Armes de Iain M. Banks



Je n'ai que récemment entamé le cycle de la Culture de Iain M. Banks si bien que je viens seulement de lire le troisième tome de cette série qui ne me semble pas vraiment suivie (c'est à dire que je pourrais les avoir lus dans n'importe quel ordre). J'avais beaucoup aimé L'Homme des Jeux (The Player of Games) contrairement à Cédric, et j'espérais plus encore de cet Usage des Armes dont Philippe m'avait dit le plus grand bien.

Au final, je suis partagé sur ce livre. Il est d'une grande originalité sur la forme, et traite de thèmes très sérieux sur le fond, mais j'avoue avoir eu du mal à avancer dans sa lecture en raison d'un artifice de construction qui, s'il me semble (peut-être) se justifier n'en rend pas moins l'immersion délicate, sinon impossible.

Sur le fond donc, L'Usage des Armes c'est l'histoire de Cheradenine Zakalwe, un mercenaire qui travaille pour la Culture, envoyé par celle-ci pour prendre en mains des conflits armés (ou à tout le moins des situations de tension militaire) sur des planètes qui ne connaissent pas la Culture, ou qui s'en méfient. La Culture visant d'une manière générale (ou du moins on le suppose) à la Paix Universelle, elle ne souhaite pas s'immiscer directement. Zakalwe fait le "sale boulot" tout en sachant, ou du moins en espérant qu'il oeuvre pour le bien. La guerre, il aime ça toutefois, donc il ne se pose pas trop de questions.

Seulement Zakalwe est hanté par un secret d'enfance qui le mine. C'est cela qu'on découvre à travers des chapitres intercalés au récit principal, sans ordre chronologique et sans contexte au démarrage de chaque chapitre. Ca permet à Banks de ménager le suspens jusqu'au bout du livre sur Zakalwe et son passé, mais ça casse aussi le souffle du bouquin à chaque fois, d'où ma difficulté à avancer.

Sur le fond, le livre est excellent et aborde à plusieurs niveaux le sujet qui est son titre: l'usage des armes. Zakalwe est obsédé par les armes, et il sait s'en servir, mais il est lui-même l'arme de la Culture, parfois manipulé sans être informé. C'est le premier niveau de lecture du livre. Mais le passé même de Zakalwe va nous dévoiler d'autres sens à l'usage des armes et démontrer que les armes les plus destructrices ne sont pas celles qu'on pense.

Du coup, c'est ce contraste entre un fond très intéressant et une forme ardue qui me laisse ce sentiment mitigé à la lecture. Ca reste le tout haut du panier de la SF moderne quand même, mais par rapport à mon enthousiasme à la lecture de l'Homme des Jeux, je ne peux m'empêcher d'être un peu désappointé.

2 commentaires:

  1. Il y a un ordre chronologique : les chapitres numérotés vont dans le sens normal du temps, et les chapitres lettrés vont dans le sens antéchronologique. Les deux trames se rejoignent à la fin, lors de cette superbe révélation finale. On peut aussi s'amuser à lire le livre une seconde fois, cette fois-ci dans le sens chronologique en partant du chapitre le plus ancien.
    De plus, même s'ils se situent à des périodes différentes, les chapitres lettrés et numérotés se répondent deux à deux, au niveau de la situation, ou de la thématique, ou des sentiments de Zakalwe.

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  2. J'avais bien senti les correspondances, j'avais pas compris le chronologique inversé des chapitres intercalaires. Je reste un peu circonspect toutefois sur l'intérêt narratif d'une telle construction. D'où mes réserves. Tu noteras tout de même que je n'ai pas détesté, loin de là.

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