17/04/2014

The Booth at the End


Disons le d'emblée, The Booth at the End est un OVNI télévisuel comme j'en ai rarement vu. Sur la forme comme sur le fond, c'est une série atypique, d'abord web-série puis passée en cours de route en format TV plus classique (quoique...)

Difficile de pitcher sans révéler, mais pour faire court, The Booth at the End (littéralement, la Table du Fond) se déroule toujours au même endroit, les épisodes courts (de 20 à 25mn) étant organisés en séquences de quelques minutes. Le personnage principal, c'est l'homme que vous voyez sur l'affiche. On ne connaît pas son nom, on ne sait pas qui il est. Lui se définit comme quelqu'un qui offre des opportunités.

Certaines personnes ont entendu parler de lui. Parce qu'il a "aidé" des gens qu'ils connaissent, parce que quelques rumeurs sourdes pointent vers cet homme au fond d'un diner, de jour comme de nuit, qui reçoit des gens à sa table et prend des notes dans son calepin.

Le truc, c'est qu'il peut vraiment vous aider. Vous lui dites ce que vous voulez, et il vous propose un deal. Il vous demande de faire quelque chose, et si vous le faites, ce que vous voulez arrivera. Il insiste bien: il n'exauce pas de voeux, il n'a même aucun pouvoir pour faire se dérouler les choses que vous voulez. Mais si vous faites ce qu'il vous demande, ces choses arriveront.

C'est donc cette succession de visites qui constitue la trame narrative de l'histoire. Certaines sont des premières visites, comme celle de cette religieuse qui n'entend plus la voix de Dieu et voudrait l'entendre de nouveau. D'autres sont visiblement "en cours", comme celle de ce père qui veut sauver son fils cancéreux.

Le sel de la série, le fait qu'envers et contre-tout elle fonctionne, et même très bien, repose sur deux piliers. D'une part, certaines des contreparties que demande l'homme sont à la limite de la morale, voire franchement de l'autre côté: poser une bombe et la faire exploser dans un centre commercial, tuer un homme, etc. La série explore de manière nouvelle et intéressante l'éternelle question de ce qu'on est disposé à faire pour obtenir ce que l'on veut.

Mais le second pilier, le génie de la série c'est que progressivement certaines de ces histoires individuelles, toutes ces misères du quotidien ou de toute une vie se rejoignent. On ne sait pas ce qu'il y a dans le calepin de l'homme, mais on sait que les tâches qu'il assigne ne sont pas sans lien avec celles qu'il a déjà assignées.

Du coup, sur un postulat plutôt casse-gueule et avec des moyens très limités, on obtient quelque chose de différent, de dérangeant, et de franchement prenant. Je n'ai pour le moment regardé que la première saison, mais c'est certainement ce que j'ai vu de plus étonnant en matière de série télé depuis bien longtemps.

5 commentaires:

  1. Une excellente série.

    Juste un petit détail sur le billet : "to plant a bomb" ==> "poser une bombe"

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  2. Merci Un Lecteur. C'est corrigé.

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  3. Ce fut ma grosse surprise (et grosse claque) de ce premier trimestre 2014. ça m'a fait penser à Hellywood parce que c'est exactement comme cela que fonctionne la magie démoniaque.

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  4. Merci pour l’info, je vais regarder ça !

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