03/06/2014

The Mongoliad de Neal Stephenson & Friends



Sans être über-fan de tout ce que Neal Stephenson a écrit, je dois admettre que plusieurs de ses bouquins sont parmi mes livres fétiches (Snowcrash, Cryptonomicon, Zodiac...) et c'est ce qui m'a attiré vers cet étrange projet qu'est la Mongoliade. Un bouquin à quatorze mains, ce n'est pas exactement commun. Le point de départ dudit bouquin l'est encore moins puisqu'il est issu de la volonté assumée de démontrer la réalité (ou d'inventer, j'ai pas bien compris) des arts martiaux occidentaux médiévaux. En bref, tous les auteurs ou presque sont des amateurs ou des professionnels du combat à l'arme blanche façon armure et espadon. Avant d'être une trilogie de romans, The Mongoliad était un site interactif, une expérience narrative réservée aux abonnés. Je n'ai aucune idée de ce à quoi ça pouvait bien ressembler, moi j'ai juste lu un roman tout ce qu'il y a de plus classique.

Pour qui apprécie la fiction historique, le roman part d'un bon pitch: un groupe de combattants chevronnés regroupés en une sorte de société secrète martiale de la fin du XIIIè siècle décide de monter un plan fou pour stopper l'invasion mongole qui dévaste inlassablement l'Europe: aller assassiner le Grand Khan pour stopper net l'avancée des Khans, comme lors de la mort de Gengis Khan.

L'action se situe en trois lieux différents. Au coeur se trouve le petit groupe de combattants qui progresse lentement vers l'Est à cheval, affrontant les mongols, d'autres sociétés secrètes et ses propres démons. A l'Est, en Mongolie, on suit les intrigues de la cour du Grand Khan à travers les yeux d'un guerrier mongol fraîchement débarqué, et franchement mal à l'aise quand il n'est pas sur une selle, un arc à la main. A l'Ouest, le reste de la société secrète profite d'un répit dans l'invasion pour essayer de contrer les mongols (et d'autres sociétés secrètes occidentales.)

Première constatation: ce n'est pas un bouquin de Stephenson, ne serait-ce que par l'ambition littéraire assez limitée du matériau. On est plus dans le roman d'aventures historique, pour la grande histoire de l'humanité ou les réflexions profondes sur le système du monde, on repassera. En même temps, c'était écrit sur la couverture, je ne peux pas prétendre qu'il y ait eu mensonge sur la marchandise.

Ce qui est plus gênant, c'est que l'écriture à quatorze mains ne marche pas très bien. Oh, ce n'est pas illisible, c'est juste mou. Je ne sais pas comment les collaborateurs se sont organisés pour écrire The Mongoliad, j'ai du mal à concevoir comment autant d'auteurs peuvent contribuer à un seul roman, mais j'imagine que c'est pour ça que le bouquin manque de patate. Les personnages sont esquissés, mais à l'exception de la jeune Cnàn et du guerrier mongol, aucun n'est vraiment abouti, ce sont plus des portraits que des personnages. Quand au récit, il avance mais n'est pas prenant au point qu'on ne puisse pas lâcher le bouquin.

C'est d'autant plus dommage que le décor, lui, est bien planté et surtout bien décrit. On ressent facilement la ruine de Kiev, la cour du Grand Khan, la dureté du voyage. L'époque est bien rendue (ou en tous cas elle le semble).

Au final, c'est quand même une déception, mais je pense que je donnerais sa chance au second tome (de trois) en espérant que les quatorze mains arrêtent de s'emmêler les pinceaux...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire