09/06/2015

New Cthulhu 1 & 2

Je continue à tracer mon sillon dans les cthulheries. 

Rassurez-vous, ça va finir par me passer. Même en se cantonnant dans les couches supérieures de l'océan des lovecrafteries, on finit par se lasser des empilements de nouvelles de quinze pages qui finissent toutes mal.

Mais ce n'est pas encore pour tout de suite. En attendant que j'aie une indigestion de fruits de mer, voici une paire de méga-anthologies...




New Cthulhu – The Recent Weird


Ce gros recueil de plus de 500 pages grand format présente des nouvelles lovecraftiennes écrites après l’an 2000, même si certains auteurs cthulhisent depuis les années 70. Il s’agit de reprises, déjà parues dans des fanzines ou des anthologies plus anciennes, ce qui me vaut le plaisir discutable d’en retrouver certaines.

• Pickman’s Other Model (1929), de Caitlin R. Kiernan contient une dose de sexe morbide qui aurait sûrement fait tiquer le Vieux Gentleman, mais pour le reste, elle prolonge impeccablement Le modèle de Pickman. Déjà vue dans Black Wings of Cthulhu 1.

• Fair Exchange, de Michael Marshall Smith, est une histoire londonienne où un cambrioleur trouve quelque chose d’anormal chez ses victimes… Mineure, mais agréable, et la dernière phrase est bien trouvée.

• Mr. Gaunt, de John Langan, est exceptionnelle, et donc difficile à raconter. Le décor est moderne, mais la narration est en grande partie assurée par un spécialiste de Henry James. L’ambiance monte tout doucement, détail après détail, jusqu’à la chute. Avec ses 35 pages, c’est l’une des plus longues du recueil, mais elle les vaut.

• The Vicar of R’lyeh, de Marc Laidlaw, traite des tourments d’un développeur de jeu vidéo contraint de développer un titre cthulhien alors que sa vraie passion est Jane Austen. Écrite par un vrai développeur, elle parle de bugs à éliminer, des horreurs du crunchmode, et ainsi de suite. En prime, l’un des personnages secondaires s’appelle Petey Sandersen. Ailleurs, je dirai que c’est un clin d’œil, mais là, employons la terminologie du jeu vidéo et disons que c’est un Easter Egg. Tout cela n’est qu’à moitié sérieux de toute façon.

• The Crevasse, de Dave Bailey et Nathan Ballingrud, est une histoire de survie en Antarctique. Quatre hommes, une paire de traîneaux, une dizaine de chiens, un accident… et un développement plus psychologique qu’autre chose. Mineur, mais j’ai bien aimé.

• Bad Sushi, de Cherie Priest, nous présente un vieux cuisinier japonais qui trouve que le poisson du nouveau fournisseur du restaurant à une sale tronche. Le développement, à la fois dans le passé et dans le présent, est classique. Elle n’est pas très longue, une quinzaine de pages, mais l’attention se maintient de bout en bout.

• Old Virginia, de Laird Barron, est une histoire située dans les années 50, racontée par un agent de la CIA envoyé au milieu des bois servir de nounou à des savants fous qui font des expériences sur une démente. Je ne suis que moyennement client pour le mélange « Cthulhu et espionnage », mais l’histoire fonctionne, et la dernière phrase justifie la lecture.

• The Dude Who Collected Lovecraft, de Nick Mamatas et Tim Pratt, nous raconte l’aventure désagréable d’un homme qui se rend dans les bois du Vermont pour vendre à un collectionneur les lettres que son arrière-grand-père avait reçu de Lovecraft. Elle m’a fait sourire, sans plus.

The Oram County Whoosit, de Steve Duffy, est une déception. En attaquant, je me suis dit, « chic, une histoire longue, trente pages, ça laisse le temps d’installer l’ambiance ». En fait, c’est une histoire loooongue, qui nous balade d’un beld perdu en 1924 au Yukon de 1898 et retour, face à un antagoniste jamais clairement décrit mais dont on voit bien ce que c’est.

• The Fungal Stain, de W.H. Pugmire, est courte et dense : une dizaine de pages. Kingsport, des poèmes de Justin Geoffrey, des souvenirs du Terrible Vieillard et des noms de quartiers empruntés à Kingsport, cité des brumes… Carton presque plein en ce qui me concerne, mais j’aime Kingsport, et quelqu’un qui la décrit en disant, « ce n’est pas un port, c’est un portail ! » a droit à toute ma sympathie.

• A Study in Emerald, de Neil Gaiman, est une variation uchrono-cthulho-sherlockienne dont j’ai vu venir la chute un poil trop tôt, mais qui est franchement marrante. Pour du Gaiman, c’est un petit cru, mais c’est encore bien au-dessus du tout-venant.

• Buried in the Sky, de John Shirley, m’a agacé. C’est une histoire de déménagement : après la mort suspecte de maman, papa et les enfants s’installent dans la grande ville. Et vous savez ce que c’est, dans ces grands ensembles, on ne choisit pas ses voisins. Là, les gamins découvrent que Yog-Sothoth habite la cave et qu’il est animé de mauvaises intentions. Heureusement, les mômes du XXIe siècle sont pleins de ressources et le mettent en fuite à l’aide d’un disque dur d’iPod. Il y a des moments où l’ambiance prend presque, on espère jusqu’au bout, mais non, ça foire.

• Bringing Helena Back, de Sarah Monette, est une brève histoire où il est question d’un homme riche, obsédé par la résurrection de sa femme, qui réquisitionne un ami pour organiser l’inévitable rituel impie dont on sait déjà qu’il va très mal se terminer. C’est un gentil succès.

• Take me to the River, de Paul McAuley, est une histoire britannique. Musicos, drogues, sacrifices et disparitions composent un cocktail fonctionnel, pas désagréable à lire, sans plus. Il faudrait faire des stats, mais bizarrement, j’ai l’impression que les sujets de Sa Gracieuse Majesté se sortent mieux de l’exercice de la nouvelle cthulhienne que les Américains.

• The Essayist in the Wilderness, de William Browning Spencer, nous parle d’un couple de profs qui, ayant gagné au loto, vont s’installer dans une maison à la campagne et… et oui, c’est encore une histoire de déménagement. Le narrateur étant un intellectuel coupé du réel qui s’essaye à l’écriture d’essais sur la nature, l’histoire oscille entre le doucement ironique et le franchement parodique. Plus rigolote qu’effrayante, mais ce n’est déjà pas si mal.

The Disciple, de David Barr Kirtley, est une histoire courte qui nous présente un protagoniste chafouin, un méchant mesquin, et une fin marrante. Un honnête succès, déjà lu dans Dead But Dreaming.

• Shoggoths in Bloom, d’Elizabeth Bear, nous fait suivre un naturaliste noir qui étudie les shoggoths (dans cet univers parallèle, ils sont connus depuis des siècles comme un genre de grosse méduse). Ça se passe en 1938, c’est bien écrit et ça essaye de dire des choses sur l’esclavage, l’émancipation et la guerre. Du politiquement correct ? À plein seaux. De l’horreur ? Pas un atome. Dire que je n’ai pas adhéré serait un euphémisme.

• Cold Water Survival, d’Holy Phillips, se déroule sur un iceberg géant fraîchement détaché de l’Antarctique. Une bande d’alpinistes de l’extrême s’y est installée pour en faire son terrain de jeux… et bien sûr, ils ne sont pas seuls. Je me rends compte que si je me rappelle bien le début, j’ai déjà oublié la fin une semaine après l’avoir lue. Pas bon signe.

• The Great White Bed, de Don Webb, est une courte histoire, où un adolescent s’occupe d’un grand-père sénile. J’ai bien aimé et pour le coup, surtout pour la fin.

Lesser Demons, de Norman Partridge, est post-apocalyptique, avec des possédés vaguement evildeadiens à la place des zombies, plus des runes préhumaines pour lovecraftiser tout ça. Elle fonctionne, sans plus. Déjà lue dans Black Wings of Cthulhu 1.

• Grinding Rock, de Cody Goodfellow, nous raconte les malheurs d’un pompier bénévole coincé en plein incendie de forêt. Elle est très courte (la moyenne de l’anthologie tourne autour d’une quinzaine de pages, elle n’en fait que huit), mais elle fait le job.

• Details, de China Miéville, m’a bien plu. En même temps, comme Gaiman, Miéville ne joue pas tout à fait dans la même cour que les autres auteurs du recueil. Considérée à froid, c’est « juste » une variation sur les chiens de Tindalos, mais là où beaucoup d’histoires se contentent de poser une situation, Details a de l’atmosphère.

• Another Fish Story, de Kim Newman, est étrange. Les années 60, le désert californien, un vagabond qui pourrait être Satan ou Nyarlathotep ou autre chose, des cinglés dont une s’appelle Marsh… Le mélange de ces ingrédients donne une histoire bizarre, pas désagréable, peut-être un peu artificielle, mais Newman a assez de métier pour vous emballer tout ça.

• Head Music, de Lon Prater, tient en six pages, avec un seul personnage. Elle ne m’a pas bouleversé.

• Tsathoggua, de Michael Shea, nous raconte comment Tsathoggua intervint dans la vie de deux vieilles dames à chien-chiens, pour le pire et pour le meilleur. On y croise une paire de lévriers nains, des crapauds géants, un chat malchanceux, des voisins antipathiques et une paire d’investigateurs légèrement largués. Tout cela est barré juste à mon goût.

• Mongoose, d’Elizabeth Bear et Sarah Monette, s’aventure dans des territoires inexplorés. Il n’est pas donné à tout le monde de bâtir une bonne histoire avec les ingrédients suivants : « Horreur cthulhienne + science-fiction + Alice au pays des merveilles + une pincée de Rudyard Kipling ». Le mélange vous paraît improbable ? À moi aussi, mais je me suis laissé embarquer.

• A Colder War, de Charles Stross, est du Charles Stross, et marie donc Cthulhu et espionnage, sans hésiter à faire du grand spectacle. Cette fois, c’est une variation sur le thème du scandale Iran-Contra, sans lien direct avec son cycle de la Laverie.

L’avantage de ce genre d’énorme recueil, c’est qu’il y a à boire et à manger pour tous les goûts. Il y a un gouffre entre Mr. Gaunt et Mongoose, mes deux préférées, et pourtant, elles se rattachent toutes les deux au mythe de Cthulhu. The Essayist in the Wilderness mérite aussi une mention, tout comme The Fungal Stain, A Study in Emerald, Details, Tsathoggua et A Colder War. Pour le reste, pléthore d’histoires moyennes, mais il faut admettre que même les moins réussies sont correctement écrites – Buried in the Sky et Shoggoths in Bloom foirent parce qu’elles franchissent la ligne (fine et subjective) qui sépare le récit lovecraftien « d’autre chose », pas parce qu’elles sont médiocres.


(Prime Books, 2011, 520 pages, 27 nouvelles, environ 15 €)

PS : Pour une paire d'autres avis sur ce premier volume, allez voir chez MM. Nébal et Gromovar.




New Cthulhu 2 – More recent weird

Cette seconde anthologie de Paula Guran repose sur les mêmes bases que la première : pas de textes originaux, mais une sélection des meilleures histoires cthulhiennes parues ailleurs. L’avantage est que quelqu’un a déjà fait la sélection. L’inconvénient, quand on a déjà lu d’autres anthologies, est qu’on recroise des textes déjà lus.

• The Same Deep Waters As You, de Brian Hodges, nous fait visiter la prison secrète où le gouvernement américain conserve une soixantaine de Profonds, quatre-vingts ans après le raid sur Innsmouth. L’angle choisi est intéressant, mais le développement est un poil trop rapide. Je sors de là avec l’impression d’un potentiel gâché.

• Mysterium Tremendum, Laird Barron, est une novella de cinquante-cinq pages qui met en scène les vacances de deux couples gays dans l’État de Washington. Sur la foi d’un Guide noir acheté quelques dollars, ils se mettent en quête d’un endroit louche, et trouvent… trouvent-ils vraiment plus que ce qu’ils sont venus chercher ? That is the question. Barron prend le temps d’installer une ambiance, une dynamique de groupe (plusieurs, en fait), et le résultat est tout à fait convenable.

• The Transition of Elizabeth Haskings, de Caitlin R. Kiernan, nous renvoie du côté d’Innsmouth. Une bibliothécaire qui réprime très très fort ce qu’elle est, une forte dose de sexualité sublimée et une touche de malsain par-dessus… Sans être conquis, je suis admiratif.

• Bloom, de John Langan, apparaissait dans Black Wings of Cthulhu 2. Cette histoire de couple confronté à l’incompréhensible fonctionnait déjà là-bas.

• At Home With Azathoth, de John Shirley, nous envoie dans un proche avenir où il faudra se méfier encore plus de l’informatique qu’aujourd’hui. Elle tourne, mais sa thématique, la rédemption d’un adolescent en colère qui finit par pleurer dans les bras de son papa, n’est pas particulièrement cthulhienne.

• The Litany of Earth, de Ruthanna Emrys, passe Lovecraft à la moulinette du politiquement correct moderne. Donc, sachez que les Profonds sont des gens comme nous, qui suivent juste avec une religion différente et vraie, contrairement au christianisme. Bon, certains ont fait du zèle, et nous sommes tous d’accord, les sacrifices humains, c’est pas bien, mais les arrestations arbitraires et les expériences menées par le gouvernement américain sur les habitants d’Innsmouth sont des atrocités dignes des nazis, pires que tout ce que la gentille religion du gentil Cthulhu a pu faire aux gentils humains. Tout cela au premier degré. Il est rare que j’éclate de rire en lisant des lovecrafteries, mais là, je n’ai pas pu me retenir.

• Necrotic Cove, de Lois Gersh, était l’un des points forts de Black Wings of Cthulhu 3. Sa reprise dans une anthologie à plus gros tirage (du moins je l’imagine) est entièrement méritée.

• On Ice, de Simon Strantzas, envoie un groupe de scientifique et un pilote d’avion se balader dans l’Arctique, avec des résultats affreux, mais un poil prévisibles.

• The Wreck of the Charles Dexter Ward, d’Elizabeth Bear et Sarah Monette, fait suite à Mongoose, dans la première anthologie. Enfin, suite… Elle se déroule dans le même univers de SF lovecrafto-carrollien, avec des personnages différents. L’effet de surprise s’est estompé, mais ça reste une lecture agréable.

All my Love, A Fishhook, d’Helen Marshall, est l’histoire d’une famille de pêcheurs grecs sur trois générations. Elle est toute en petites touches, en retenue et en subtilité, et sans beaucoup d’horreur autre que psychologique.

• The Doom That Came To Devil Reef, de Don Webb, est une révision bizarre du Cauchemar d’Innsmouth, sur la base du « voici la source sur laquelle Lovecraft a travaillé ». La source en question est marrante, mais l’idée elle-même… disons qu’il y a assez de variations sur Innsmouth pour en faire des anthologies entières – d’ailleurs, il y en a.

• Momma Durtt, de Michael Shea, nous parle du rôle méconnu des Grands Anciens dans l’élimination de cadavres encombrants. C’est à peine une histoire, plutôt une paire de vignettes posées l’une après l’autre.

• They Smell of Thunder, de W. H. Pugmire, est une réussite où l’on revisite Dunwich. Arriver à créer une ambiance à propos de thèmes et de lieux croisés mille fois est un petit tour de force.

• The Song of Sighs, d’Angela Slatter, est plusieurs crans au-dessus de la plupart des textes, mais je n’y ai pas complètement adhéré. Peut-être parce que la paranoïa institutionnelle accompagnée de sacrifices humains me rappelle trop le bureau ?

• Fishwife, de Carrie Vaughn, nous envoie dans un misérable village de pêcheurs, où c’est vraiment la crise, mais ce n’est pas grave, la solution arrive… C’est bien écrit, le déroulement est impeccable, on s’émeut là où il faut… et il y a un total de zéro surprises. Peut-être n’était-ce pas le propos ?

• In the House of the Hummingbirds, de Silvia Moreno-Garcia, est une trop courte balade dans les arrière-cours du quartier historique de Mexico. Contrôlée, carrée, contenue… Réussite mineure, mais réussite.

• Who Looks Back ?, de Kyla Ward, est encore une histoire courte et exotique – cette fois, nous sommes en Nouvelle-Zélande. Le monstre est, en quelque sorte, le régional de l’étape. En une dizaine de pages, il cause des dégâts physiques et mentaux impressionnants, ce qui en fait une nouvelle à lire si vous avez envie de mieux comprendre les règles de L’Appel de Cthulhu.

• Equoid, de Charles Stross, est un court roman de soixante-dix pages. C’est la première fois que je me confronte au cycle de la Laverie en version originale – le Bureau des atrocités m’avait très moyennement séduit, mais la traduction n’avait pas aidé. Là, c’est différent. Nous avons un tiers de Lovecraft où Stross arrive à pasticher efficacement la prose d’HPL ; un tiers d’investigation surnaturelle sur un sujet barré (des putains de licornes ?) ; et un tiers d’humour à la P.G. Wodehouse. Je suis toujours un bon client pour les évocations grinçantes de l’Angleterre rurale, ses notables et ses excentriques… Le résultat se lit très bien – je l’ai descendu en moins de temps que certaines des interminables nouvelles de vingt pages qui encombrent ce recueil. Me voilà tenté d’ajouter du Stross à ma pile.

• The Boy Who Followed Lovecraft, de Marc Laidlaw, se cantonne dans une évocation peu charitable de Lovecraft tel qu’en lui-même, avec une touche de pastiche de sa prose vers la fin. Assez courte, elle termine le recueil sur une note un peu pâlotte. Dommage.

Je sors de là avec une impression mitigée, plus qu’avec le premier volume. Peut-être est-il sorti trop tôt après le premier ? Dans ce genre d’anthologie, il faut peut-être laisser passer un peu plus de temps entre deux volumes, pour reconstituer le stock d’histoire où puiser…

Il y a quand même un lot de réussites, mais beaucoup ont déjà été vues ailleurs. Reprises mises à part, que garder ? Mysterium Tremendum et Equoid, les deux novellas, sont dans une classe à part. Mysterium marche bien, mais Equoid est un vrai succès. Dans les histoires courtes, je garde The Wreck of the Charles Dexter Ward, They Smell of Thunder et Fishwife. Je repêche The Same Deep Waters As You, The Transition of Elizabet Hasking, On Ice et In the House of the Hummingbirds. Le reste est moyen, voire médiocre, et The Litany of Earth est indiciblement crétin.

(Prime Books, 2015, 471 pages, 19 nouvelles, environ 18 €)

4 commentaires:

  1. Très bien très bien. Je note. Mais où peut-on trouver tout ceci ? Merciiii.

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  2. Je me fournis sur Amazon. Il suffit de taper "cthulhu" dans le champ de recherches et font des trouvailles diversement indicibles, voire innommables.

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  3. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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    1. et bien Jeanmi ? tu as dit un truc pas cool ? lol

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