29/12/2015

Star Wars VII: Le Réveil de la Force


Star Wars est mon plus vieux souvenir de cinéma, avec le Retour du Jedi. Je ne me souviens plus de l'année exacte, mais trop jeune à sa sortie en 83, j'ai dû le voir lors d'une diffusion tardive dans le petit cinéma art et essai où mes parents nous emmenaient, probablement autour de 1985. Avant de voir le film, nous prononçions "Le Retour du Jeudi". Après, nous refaisions le film en attendant qu'on revienne nous chercher. Le petit carré de buissons et arbustes en face du cinéma devenait les forêts d'Andor. Mon pote d'enfance était Han Solo, son frère Chewbaca. Ma soeur était Leia, évidemment, et j'étais Luke. A bien y réfléchir, la distribution était parfaite. Mais avions-nous choisi ces rôles en raison de ce que nous étions, ou ont-ils à l'inverse participé à nous façonner?

La question de cette filiation est cruciale. Car plus qu'une mythologie moderne, plus qu'un space opera, plus qu'une référence de la culture pop et du soft power à l'américaine, Star Wars est surtout et avant tout l'histoire d'une filiation.

Aussi lorsque ce nouvel opus aborde de nouveau la question, ce n'est pas une redite, mais une continuation logique. Le Reveil de la Force inverse d'ailleurs suffisamment intelligemment le propos pour ne pas donner l'impression d'un "bis". Tout le contraire de la forme, best of des épisodes IV à VI, dont la légèreté en est presque troublante tant on imagine le poids qui a du pesé sur les épaules de son réalisateur J.J. Abrams. De ce point de vue, ce dernier  tient parfaitement le pari de retrouver l'esprit de l'entertainment de Lucas. Caméra virevoltante, sens de la péripétie, virtuosité du montage des scènes de poursuites et de batailles spatiales.

Il faut dire que matière de filiation, il y en a aussi à dire à son propos. Le réalisateur de l'épisode VII est non seulement le fils de Spielberg et Lucas, mais qui plus est leur fils unique. Super 8, son premier vrai film après Lost (1), n'est rien d'autre que son E.T. à lui. Puis c'est le grand bain de la franchise avec deux Star Trek mémorables, quoiqu'en disent les fans sur leur fidélité au matériel d'origine.
(1) MI:III (3e volet des Missions Impossibles) est un cas à part et le moins personnel des films d'Abrams. D'une part parce qu'il s'agit de son premier long métrage, d'autre part en raison de la main mise exercée par Tom Cruise sur la franchise.
Sur le papier, il semblait donc le candidat idéal pour relancer la franchise. Et c'est peut-être là que se situe le problème. En s'inscrivant dans les pas de Lucas, Abrams retrouve cette position de l'ombre qui fut la sienne en tant que showrunner sur Lost. Celle où le créateur doit nécessairement s’effacer derrière l’oeuvre. Sans rien retirer à la maestria du résultat, brillant sur le plan formel, Abrams n’arrive jamais complétement à faire de Star Wars son propre film.
Lorsqu’il apporte du neuf (le trio Rey/Finn/Kylo Renn, remarquable), la pellicule (on peut se permettre le terme, le Réveil de la Force n’ayant pas été tourné en numérique) est passionnante. Les "nouveaux" acteurs, impeccables, servis par de très jolis dialogues, les enjeux s’envolent jusqu’à un face à face magnifique et plein de d’émotions en guise de cliffhanger final.
Dès qu’il faut revenir dans les pas de ses ancêtres en revanche, c’est la catastrophe. Harisson Ford comme Carie Fisher sont confondants de maladresse. Abrams s’auto-censure comme s’il s’agissait de ne pas faire d’ombre à son maitre, écrasant ainsi tout espoir de donner de l’ampleur à son récit et sa mise en scène.
Il avait les moyens de livrer le Space Opera ultime, il offre une copie loin d’être dénuée de plaisir, mais forcément pâlotte. Sans grande surprise, mais néanmoins avec une petite pointe de déception.

2 commentaires:

  1. C'est un film qui se laisse bien regarder, on ne s'ennuie pas, les scènes d'action dans l'espace sont époustouflantes .... Pour autant j'ai été plutôt déçue pour ma part, en fait je suis sortie de la séance en me disant "purée ils ne se sont pas foulés" : trop d'éléments déjà vus, trop de choses prévisibles, cela m'a gâché mon plaisir. Bon le spectacle était chouette, cela dit je n'irai pas le voir une seconde fois.

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  2. voila ce ue j'en pense perso...

    http://unodieuxconnard.com/2015/12/16/star-wars-episode-vii-le-reboot-de-la-force/

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