05/05/2010

La brigade chimérique


Dans un précédent billet, j'avais demandé des conseils de lecture pour découvrir de bons livres dans le genre steampunk. La brigade chimérique avait alors été citée comme un équivalent français de la Ligue des gentlemen extraordinaires. < /ironie > Comme j'avais adoré l'adaptation cinématographique de cette dernière, bien supérieure au travail initial de Moore < /ironie >, j'ai profité d'un aller-retour de la valise diplomatique pour me procurer les 3 premiers volumes de cette série.

Cette série est véritablement ambitieuse du point de vue narratif : ce n'est surtout pas une adaptation franchouillarde de la tradition US du comics. C'est une vraie réflexion sur le statut du surhomme dans une Europe uchronique où Marie Curie est aussi mythique que le golem de Prague. Les références littéraires et historiques pullulent, le jeu des références est d'une très grande richesse pour qui possède le référentiel approprié. Quand ça débute avec une longue citation de Nietzsche, le lecteur comprend bien que les héros ne vont pas combattre une invasion de zorglubs venus d'une autre dimension.


Sauf que je suis un lecteur très très con. Et je n'ai rien compris à tout ce fatras. J'ai eu l'impression d'être propulsé directement dans la 17ème saison d'une tele-novelas hondurienne sans disposer d'un résumé des épisodes précédents. Les protagonistes parlent de personnages, de plans machiavéliques, de menaces qui se sont passés dans les saisons précédentes, et je ne comprends rien à rien. Qu'est-ce qu'il a ? Qu'est-ce qu'il fait ? Qui c'est celui-là ? La narration est sans doute limpide dans l'esprit des auteurs, mais je suis totalement désarçonné par les ellipses scénaristiques, les références à demi-mots et les enjeux non-dits.

Pourtant, le dessin est très beau (toutefois, à 11 euros les 48 pages, serait-il possible d'avoir une couverture plus bandante ?), l'emballage est séduisant (même si je déteste quand il y a plus épais de carton de couverture que de page à lire), j'ai envie de tomber amoureux de cette histoire très intelligente qui prend hélas la forme d'un véritable kaléidoscope steampunk sans que je puisse avoir le début d'un commencement de vision globale. Mais je me sens en permanence surclassé. Comme un analphabète essayant de lire le Monde diplomatique. Il y a des livres qui hissent le lecteur à leur niveau, mais La brigade chimérique m'a laissé en plan...

9 commentaires:

  1. Pour une bonne BD steampunk intelligente mais pas trop noble d'esprit non plus, je conseille Haute ville House

    http://steam-litterature.blogspot.com/2010/04/hauteville-house.html

    Lord Orkan Von Deck, dont le blog doit bien servir à quelque chose

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  2. "Pourtant, le dessin est très beau" : je ne peux pas te laisser dire ça !!!
    Ces a-plats de couleurs c'est horrible. Le scénario me branchait bien mais je n'ai pas pu passer la barrière du dessin.

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  3. Je plussoie sur Hauteville House en plus fun, plus rythmé et décontracté avec des scénarios sympas.

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  4. J'ai rien à dire et je le dis... :)

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  5. Gromovar, ma BD préférée, c'est Sandman.
    Alors disons que je ne suis pas exigeant sur le dessin.

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  6. @ Cédric : si la série t'a laissé en plan, les épisodes suivants apportent de toute façon des éclaircissements. C'est une série que j'aime beaucoup pour ma part (mise à part le prix, ceci dit)

    Si tu en as le temps, j'ai publié un petit billet sur la série : http://artemusdada.blogspot.com/2010/04/metropolis.html

    Sinon en matière de BD dans le style "uchronie/steampunk" la série en trois tomes intitulée EMPIRE de Jean-Pierre Pécau et d'Igor Kordey est pas mal du tout.

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  7. Y a rien à faire, ça doit être le dixième billet au sujet de cette BD que je parcoure, l'histoire a beau être alléchante, le dessin me rebute.

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  8. Moi aussi je trouve que c'est décousu et que le dessin est moche.
    Il y a une certaine poésie, mais qui à mon gout n'éclot pas.

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  9. J'ai lu les tomes 1 à 4. Je n'y ai vu qu'une tentative de transposition de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires d'Alan Moore au folklore et à la littérature populaire française de l'entre-deux guerres. Je suis content de les avoir empruntés à la bibliothèque, c'est cher. Et encore une fois, la colorisation par ordinateur saborde complètement le dessin.

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