11/08/2014

Tales from Failed Anatomies, de Dennis Detwiller


Ce recueil de nouvelles de Dennis Detwiller présente en treize nouvelles un panorama chronologique de Delta Green de 1928 au milieu du XXIe siècle. L’objet fait 230 pages utiles, avec un avant-propos et une postface de Robin D. Laws barrés à souhait, qui volent presque la vedette au reste du bouquin.

Un survol du sommaire réserve une première (et pas très bonne) surprise : on y retrouve Drowning in Sand et Night and Water. Ces deux histoires sont très sympas mais apparaissaient déjà dans d’autres anthologies du même éditeur. Je comprends l’envie de faire des intégrales, mais c’est toujours pénible, quand on achète un livre, de s’apercevoir qu’on en a déjà lu le quart.

Ensuite, on déroule le fil du background : le raid sur Innsmouth et ses conséquences, la Seconde Guerre mondiale, l’incident de Roswell, la guerre froide, le Vietnam, le présent et le tout proche avenir… Pour l’habitué de Delta Green, tout cela est limpide, les angles d’attaque sont bien choisis et certaines histoires ouvrent des perspectives intéressante, notamment la dernière. Le fan de base de Lovecraft ou de L’Appel de Cthulhu aura un peu plus de mal à y retrouver ses petits, même avec l’aide de la courte présentation de Delta Green qui clôt le bouquin.

À part ça, Detwiller sait écrire, assez pour que son style masque ses défauts. Le principal est que ses personnages ont tous un air de famille. Pour une part, c’est sans doute voulu – le petit bureaucrate de 1928 ressemble à l’ancien combattant gériatrique de 2050 ou par là, qui ressemble au survivant du Vietnam qui ressemble à tous les autres, parce qu’ils vont mourir et le savent, ou sont déjà morts parce qu’ils en ont trop vu, ou simplement parce que c’est dans leurs gènes. Alors, oui, je sais, c’est Delta Green et pas le pays de Candy, mais ça manque singulièrement de contraste. À force de peindre en gris sombre sur noir, on finit par oublier que d’autres nuances existent. Et il est intéressant de voir que la très courte (et très bonne) The Secrets No One Know, qui fait trois pages et n’a pas de personnage central, se lit exactement comme toutes les autres. En définitive, l’horreur façon Detwiller se passe de protagoniste.

La plupart des nouvelles oscillent entre dix et vingt pages. Toutes se lisent avec intérêt, voire avec plaisir, ce qui est déjà un succès en soi. Si je devais choisir, je mettrai en avant The Thing in the Pit et Contingencies, parce qu’elles sortent un peu du Delta Green « classique », mais aucune n’est loupée.


Au bout du compte, un recueil vite lu, très homogène, plutôt bien écrit, que j’apprécie mais pour lequel je n’arrive pas à m’enthousiasmer… comme pour les Detwiller précédents, en fait. J’attends davantage de l’anthologie Extraordinary Renditions, qui ne devrait plus tarder, et qui doit lâcher plein d’auteurs différents dans l’univers de Delta Green.

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