24/09/2018

Cthulhu caraïbes

 L’Appel de Cthulhu est un jeu plastique, qui peut se décliner dans une infinité de décors, éparpillés dans l’espace comme dans le temps. Il existe une longue tradition de suppléments historiques, dont le récent Down Darker Trails, et des sous-gammes entières de guides géographiques couvrant villes ou régions.

Le projet Caraïbes de Golden Goblin reste dans les années 20 et 30, et joue la carte du dépaysement géographique. Qu’Arkham et la Nouvelle-Angleterre restent à croupir dans leur neurasthénie, en route pour le soleil, la mer turquoise, les îles paradisiaques où l’on boit de l’excellent rhum !

Hélas, un léger excès d’ambition a retardé ce billet de deux ans, le temps que tout ce qui était annoncé arrive. Mais tout vient à point à qui sait attendre, et les trois livrets sont désormais là.

Tales of the Caribbean






Centré sur une région du monde jamais exploitée jusque-là, ce recueil de sept scénarios compte 152 pages. On peut les apprécier plusieurs niveaux : leur jouabilité, leur intérêt, la manière dont ils s’approprient le folklore local, et leur intégration du mythe de Cthulhu, pour n’en citer que quatre. En général, j’ai tendance à privilégier ce quatrième critère, parce qu’après tout, ce jeu s’intitule L’Appel de Cthulhu, pas (au hasard) Capitaine Vaudou ou Maléfices aux Antilles. Mais dans ce cas précis, comme nous le verrons, il convient de le nuancer.

• Welcome to Tales of the Caribbean est une très brève introduction : les Caraïbes en une page et demie, plus une demi-page de cartes. C’est léger, mais suffisant pour s’orienteret faire des découvertes du type « ah tiens, c’est là, les Bahamas ? Je voyais ça plus haut »ou « oh, Puerto Rico est vachement plus à l’ouest que je ne le pensais ».

• Morgan Matthews, director of the New Origins Studio présente en deux pages un réalisateur et de son équipe, qui se baladent dans la région et filment des images pour le compte d’un studio de la Nouvelle-Orléans. Qu’il serve de source d’informations, d’employeur ou même de base à un cadre de campagne, c’est toujours sympa d’avoir ce genre de ressource sous la main.

• The Devil Cuts In, de Phredd Groves,se déroule sur Montserrat, une toute petite île. Dominée par un volcan nommé La Soufrière et peuplée d’un mélange inhabituel de descendants d’esclaves et d’exilés irlandais, elle forme un décor original. Le scénario est court, mais fonctionne bien et gère intelligemment les effets de bord « humains » d’une situation qui contient zéro sectateurs diaboliques. En revanche, il a un petit côté « vous avez gagné le gros lot à un concours de circonstances : un paquet de merde » qui peut s’avérer gênant… ou pas, selon la manière dont vous faites jouer.

• To Toil in the Fields, de Jo Kreil, se passe à Haïti, oùles investigateurs sont envoyés par un père qui veut faire rapatrier le corps de son fils. Cela nous donne l’occasion de faire une petite balade dans Port-au-Prince sous occupation américaine, d’entendre parler de vaudou et de zombis… L’enquête, pas trop mal fichue, offre de jolies scènes, mais conduit à une fin qui nécessite des tas de flingues et/ou beaucoup de dynamite pour remplir des « conditions de victoire » qui ont un petit côté jeu vidéo. Tel quel, je suis moyennement client, mais en allégeant la fin, ça se tente.

• Crimson Eyes and Azure Pools, de Jason Williams, nous envoie auxBahamas, où un botaniste rattaché à l’université Miskatonic vient de disparaître avec ses étudiants. Ce scénario souffre d’un problème gênant : il cthulhise une bestiole du folklore local, le chickcharnie. La démarche n’a rien d’inhabituel, mais… Comme personne ne le sait de ce côté de l’Atlantique, le chickcharnie est une… chouette. Et donc, les investigateurs vont devoir se battre contre des chouettes humanoïdes d’un mètre de haut. Intelligentes, venimeuses et supérieures en nombre, certes, mais à la lecture, je n’ai pas réussi à en avoir peur. En fait, je pouffais en imaginant les investigateurs aux prises avec une armée de Titi-Hyde. La cryptozoologie, c’est parfois dangereux pour les zygomatiques…

Titi ftaghn !
• Wrath of the Sulfurer, de Dave Sokolowski, nous fait visiter Saint-Vincent, une colonie britannique voisine de la Martinique. Nous sommes en 1922, le volcan local, nommé la Soufrière comme pas mal d’autres dans la région, démarre une éruption à peine vingt ans après la précédente. Ce scénario offre de belles scènes façon « les derniers jours de Pompéi » ainsi qu’un ou deux passages obligés agaçants genre « et là, ce PNJ meurt quoi que tentent les personnages ». En revanche, sa trame n’est pas enthousiasmante – les investigateurs vont d’ici à là, puis ils font ça, et ils finissent par accomplir le rituel qui va bien pour chasser un « démon » qui est en fait un Grand Ancien. C’est fonctionnel, mais ne donne pas envie de le faire jouer toutes affaires cessantes.

 Black as Pitch at Midnight, d’Oscar Rios, nous expédie dans la colonie britannique de Trinitad, à l’extrême sud des Caraïbes. Il est à la fois très traditionnel et très intéressant. À un certain niveau, c’est une chasse aux sectateurs totalement classique. À un autre, c’est une histoire d’horreur jouable sans la moindre référence à Cthulhu. Même si l’auteur nous glisse que Nyarlathotep est dans la place, il n’apparaît qu’à travers un masque. À un troisième degré, c’est de l’exotisme à double détente, où l’on découvre les Caraïbes par les yeux des immigrés hindous importés par les Britanniques. Le résultat, rédigé avec le souci du détail et de l’humain qui caractérise Oscar Rios, est potentiellement très meurtrier, mais il y a des moyens de l’adoucir. Il est sans doute jouable dans plusieurs optiques, allant du two-fisted pulp à la Robert Howard à quelque chose de plus étouffant. Bref, c'est du très bon boulot.

• Servant of God, de Jeff Moeller, nous fait visiter un satellite américain qui commence à trouver les Yankis encombrants : Cuba. Qui a tué un envoyé du Vatican venu démarrer l’enquête en canonisation d’un obscur religieux local, mort depuis des siècles ? Le malheureux a été assassiné dans une chambre d’hôtel fermée de l’intérieur. Le développement contient beaucoup d’idées sympathiques, présentées au fil d’une enquête située en partie dans les méandres de l’Église catholique. La scène finale – non obligatoire et qui peut se présenter de plein de manières différentes – m’a fait hocher la tête en mode « mais c’est très bien, ça ». Dans la colonne « moins », j’ai relevé une ou deux boulettes gênantes dans l’arrière-plan historique (des frères jésuites quarante ans avant la fondation de l’ordre), mais elles sont mineures et effaçables.

• Night Forms a Cover for Sinner, d’Oscar Rios conclut la balade à Puerto Rico, satellite américain et plutôt content de l’être. À mon avis, c’est celui qui tire le meilleur parti du cadre caribéen : là où Crimson Eyes se contente de coller une couche de peinture non-euclidienne à un élément de folklore, et où Wrath of the Sulfurerfait l’inverse en déguisant une créature cthulhienne en démon, ce scénario puise dans plusieurs légendes locales, puis les associe avec un élément d’une irréprochable orthodoxie cthulhienne. Son développement est un poil linéaire à mon goût, mais pour une fois, c’est justifié par la narration elle-même.

Comme à chaque fois avec Golden Goblin, nous tenons là un recueil de qualité. Les deux scénarios d’Oscar Rios dominent les autres d’assez loin, maisServant of God est une réussite, To Toil in the Fields a du potentiel, et The Devil Cuts In peut faire un bon scénario d’initiation. Quant à Crimson Eyes et à Wrath of the Sulphurer, ils se situent un cran en dessous, mais restent consommables.

Golden Goblin Press Guide to the Caribbean


Ce pdf de 71 pages à la maquette serrée est une collection de bonus plutôt bien faite, qui n’a que le tort de s’être fait attendre deux ans. Elle se compose de :
• Gunboat Diplomacy, un cadre de campagne. En 12 pages, on découvre le service de renseignement naval américain, l’ONI, et sa branche caribéenne, installé sur la base de Guantanamo, à Cuba. Le chef de station local à des raisons intensément personnelles de vouloir en découdre avec le surnaturel, et recrute à tour de bras des agents plus ou moins douteux pour des missions parallèles de son cru. Il a, entre autres, détourné pour son propre usage une vedette, l’USS Lamprey qui, entre deux patrouilles contre les contrebandiers d’alcool, se balade dans les Caraïbes… Gunboat Diplomacy est un excellent chapitre bourré d’informations et d’idées, qui peut donner le cadre de campagne promis, ou être réinterprété d’un tas de façons différentes. En tout cas, l’idée d’un équipage qui va d’île en île, discuter avec des types douteux, fourrer son nez dans des morts étranges et d’une manière générale, jouer aux investigateurs, a un gros potentiel.

• En trois pages dominées par de grands plans, Travel in Style présente trois navires prêts à servir : le Reveler, un yacht luxueux, le Dorado, un tout petit chalutier, et le Sonia Haft, un énorme cargo frigorifique qui embarque des passagers. Ce petit chapitre est à ranger dans la boîte « ressources utiles », sans plus.

• Heroes and Heroines of the Caribbean propose ensuite, en quatre pages, neuf PNJ/prétirés prêts à servir. Ils sont originaux, variés et sympas à avoir sous la main.

• Religion and Folk Magic of the Caribbean est le second morceau de bravoure du livret. En huit pages, il nous promène dans les divers « vaudous » des îles, ce qui permet de découvrir que hoodoo et vaudou sont des choses bien différentes, et à ne pas confondre avec la Santeria, qui elle-même n’a pas grand-chose à voir avec l’Obeah, etc. C’est pédagogique, bien fait et très instructif. On a aussi droit à quelques paragraphes sur les déclinaisons locales des religions traditionnelles, sans oublier l’hindouisme et l’islam. Le chapitre se conclut par une poignée de sorts de « magie populaire » qui permettent de donner des crocs aux sorciers locaux sans en faire des pantins des Grands Anciens.

• Creatures of the Caribbean consacre quatre pages aux monstres locaux. Écrit par Scott Aniolowski, le papa du Malleus Monstrorum, c’est une petite déception. En effet, il ne propose qu’une seule créature qui soit à la fois caribéenne et cthulhienne[1]. Pour le reste, on croise un monstre tiré du folklore martiniquais, un Kraken et des « évêques de mer » issus du folklore scandinave[2], et un léviathan sorti de la Bible. Pire, c’est fait « à l’ancienne », avec une révérence pour les chiffres qui devient risible pour certaines entités. Qu’est-ce qu’on en a à foutre de savoir que le Kraken, qui mesure quinze kilomètres de long, a 10 000 en FOR et un bonus aux dommages de +1686D6 ? À ce niveau, on est dans l’événement géologique type raz-de-marée ou tremblement de terre, plus dans un combat individuel.

• Geographic Guide to the Caribbean est le plus gros morceau du livret. Groupe d’îles par groupe d’île, ces 25 pages survolent une vaste région qui va des Bermudes au nord à Curaçao au sud, autrement dit des abords de la Caroline aux rives du Vénézuéla. Pour chaque île ou archipel, on découvre des informations pratiques comme le nom des gouverneurs successifs entre 1920 et 1940, un topo sur la culture locale, la cuisine et les fêtes populaires, plus quelques informations diverses du type « ici, ouverture d’un aéroport en 1936 ». Au-delà du boulot de recherche, qui est solide[3], et de la rédaction plutôt agréable, il se dégage de tout ça deux grandes impressions, qui aideront certainement à mettre les scénarios en scène. Primo, si la région est globalement en retard sur l’Europe et les États-Unis, il y a un gouffre entre les grandes îles où l’on peut écouter du jazz, bénéficier (parfois) de l’électricité et rouler dans de (rares) voitures, et les petites où il faut faire cinq heures de mer pour poster une lettre, et d’ailleurs, la boîte se trouve techniquement dans un autre pays.
Secundo, les Caraïbes sont une cocotte-minute où on a jeté pendant des siècles des gens venus d’un peu partout – des Indiens, des colons arrivés d’Europe, des esclaves issus de toute la côte atlantique de l’Afrique – en variant les dosages et en faisant tourner la propriété des îles entre l’Espagne, la France, l’Angleterre. Le résultat est parfois surprenant, et toujours intéressant.

• A Women to Purgatory, a Man to Hellest un scénario bonus de neuf pages, signé Oscar Rios et destiné à compenser le retard du livret. Situé en Martinique en 1928, il repose sur une base classique : une femme engage les investigateurs pour qu’ils retrouvent son mari, disparu depuis quelques jours. Son développement mêle folklore local, énigme policière et histoires de famille, en laissant le mythe de Cthulhu de côté. En revanche, il lui a manqué une passe de nettoyage qui aurait permis de donner des noms plus crédibles aux PNJ et aux lieux[4]. Ce n’est rien qui ne puisse s’arranger avec un tout petit peu de boulot, cela dit, et la base est intéressante.

Longtemps attendu, ce Guide ne déçoit pas. Gunboat Diplomacy, en particulier, est inspirant au possible, mais le chapitre géographique et la présentation des religions locales sont tous les deux très bien, et le scénario est plus qu’honorable.

Chicken Merry Hawk Deh Near


Ce scénario est un bonus pdf exclusif à la campagne de financement participatif. Signé d’Oscar Rios, il compte 17 pages et se déroule en Jamaïque. En traduction libre, on pourrait traduire son titre par « quand les souris dansent, le chat n'est pas loin ». Les investigateurs sont invités à assister au baptême de la fille d’un couple d’amis, propriétaires d’une plantation de café dans les hauteurs de l’île. Inutile de dire que tout va très mal tourner… Le grand méchant, sorti tout droit du folklore local, est intelligent, dispose d’une palette de tactiques, n’hésite pas communiquer avec les investigateurs et sait taper là où ça fait mal. Le résultat n’a pas grand-chose de lovecraftien, mais bien mis en scène, ce sera une histoire bougrement efficace (avec quand même une question angoissante : comment rendre l’accent jamaïcain en français sans faire parler les PNJ comme des trolls de World of Warcraft ?).

Dread Shadows in Paradise




Ce recueil de nouvelles est au même format que Tales of Cthulhu Invictus : 123 pages écrites assez gros. Les nouvelles font en moyenne une douzaine de pages, ce qui est insuffisant pour autre chose qu’une esquisse rapide, mais certaines s’arrangent bien de cette limitation.

• Jamal, de Glynn Owen Barrass, se déroule à Port Royal, en Jamaïque, et nous parle d’un jeune plongeur qui extrait des souvenirs des ruines de la vieille ville, engloutie par un tremblement de terre au XVIIesiècle. Elle est prévisible, mais fait un joli boulot d’ambiance en quelques pages.

• With the Storm, de Peter Rawlik, nous parle de l’exil cubain d’Étienne de Marigny, le protagoniste de Par-delà les portes de la Clé d’argent. Son journal intime nous raconte le quotidien très anormal d’un petit village, avec des chats, un ouragan, et une fin hélas assez prévisible. Un mois après l’avoir lu, il ne m’en reste presque rien, ce qui est très mauvais signe.

• Crop Over, de Tim Waggoner, nous fait visiter la Barbade des années 30. Ses ingrédients ? Une touche de folklore local, un couple confronté à de gros problèmes et un anthropologue trop curieux. On voit venir la chute d’assez loin, et elle pourrait aussi bien nous parler du Diable ou d’un dieu local, mais à ces deux réserves près, elle fonctionne.

• Tradewinds, de Sam Gafford, nous raconte l’histoire d’un équipage de contrebandiers haïtiens engagé par un méchant sorcier blanc pour le conduire au milieu d’un nulle part hostile où il a des trucs à faire. L’auteur consacre une page entière de son quota limité à nous raconter à quel point les États-Unis sont horriblement impérialistes, et répète « sorcier blanc » jusqu’à deux fois par phrase, sans oublier de nous rappeler que les héros sont noirs. Le résultat est troublant, mais pas forcément dans le bon sens. La même histoire, parue dans Weird Tales vers 1935, avec des héros blancs et un sorcier noir, serait aujourd’hui rangée dans l’enfer des écrits racistes, et je ne suis pas sûr qu’inverser les stéréotypes aide à les dépasser. Cela dit, en tant qu’histoire d’horreur, les dernières lignes la rachètent un peu.

• Gods of the Grim Nation, d’Ed Erdelac, nous parle d’une vaudouisante de la Nouvelle-Orléan, un peu investigatrice sur les bords, qui vient s’instruire du vaudou haïtien. Elle se retrouve vite à aider les populations locales à contrecarrer les machinations d’un – qui l’eut cru ? – méchant sorcier blanc. Elle a une manière rigolote de représenter les Grands Anciens comme des loas d’un ordre primitif, même si ZoZo, comme nom de grand méchant, ça laisse un peu à désirer.

• The Gold of Roatán, de Sam Stone, nous parle d’un ex-officier britannique venu sur une île perdue à la recherche des descendants d’un pirate. Deuxième bonne surprise du recueil, elle se laisse lire, et même si on devine très vite que le narrateur va mal finir, on ne voit pas exactement comment. Une bonne histoire, sans complication ni prétention.

• Sugar Rush, de William Meikle, est une tentative honorable pour créer une atmosphère et lier les conditions des Caraïbes à quelque chose qui soit à la fois horrible et lovecraftien. Elle fonctionne plus ou moins, plutôt plus à mon avis, mais sa brièveté la handicape. L’histoire ? Vous connaissez celle du type que son boulot oblige à se rendre dans un coin perdu et déshérité, où il fait une sale rencontre ? Oui, celle-là.

• Heart of the Immortals, de Konstantine Paradias. Le mot qui me vient est « décourageant ». Une invocation cataclysmique destinée à détruire le monde se déroule à Saint-Domingue, mais ça pourrait être à Ouagadougou, à Tokyo ou à Brive-la-Gaillarde en dosant la couleur locale un peu différemment. Elle foire à la toute dernière minute juste parce que si Tsathoggua avait mangé le monde dans les années 20, ça se serait su. Je n’arrive pas à lui trouver le moindre intérêt, et pourtant, je suis bon public.

• Upon an Altar in the Fields, de Lee Clarck Zumpe. Meilleure que la précédente, mais j’ai quand même peiné sur cette millionième itération de l’histoire du gars qui arrive, qui pose trop de questions et qui ne va pas aimer les réponses… Alors oui, bon, au passage, on apprend des choses sur les îles Vierges américaines, à commencer par le fait que ce sont les anciennes Antilles danoises. Sinon, il y a un culte qui se réunit dans les ruines d’une rhumerie, un sacrifice humain, une invocation… et un petit twist de fin qui rachète ses côtés convenus.

L’heure du bilan sonne, et il faut être franc, ce recueil n’est pas bon. Une paire de nouvelles sort un peu du lot, tout timidement : Crop Over et The Gold of RoatánJamal et Sugar Rush sont sympathiques, sans plus. Je repêche Upon an Altar in the Fields à cause de ses derniers paragraphes. Les autres sont médiocres, sauf Hearths of the Immortals qui est illisible. Bref, Dread Shadows in Paradise est un goodie dispensable.



À noter : Golden Goblin reste dans les îles : un Tales of the Pacific est annoncé pour 2019. J’espère pouvoir vous en parler avant 2021…


[1]Elle nous arrive tout droit d’une nouvelle de Robert Bloch.
[2]Le chapitre est sous-titre « Cthulhu Mythos in the Atlantic », ce qui indique que l’éditeur était conscient qu’il y avait une couille dans la soupe de tortue.
[3]J’imagine que les vrais experts repéreront des erreurs, mais comme je ne connais rien aux Caraïbes, je suis joyeusement resté dans l’ignorance. J’ai vu une paire de pétouilles très mineures du type « cette île appartient à l’Organisation internationale de la francophonie », alors que l'OIF n’existera pas avant 1970, mais bon…
[4]je suis prêt à parier une bouteille de rhum qu’Oscar Rios a travaillé à partir de listes de noms français modernes, parce qu’on croise un « Kevin », entre autres prénoms qui ne devaient pas courir les rues dans le Fort-de-France de 1928. L’entreprise du disparu a un nom en anglais, une partie des noms de rues aussi, l’auteur assume généreusement qu’un Fr = 1 $, etc. Tout ça se corrige en une demi-heure de boulot.

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