Avant de lire ce livre, je ne connaissais pas du tout Joe Sacco. Et je n'étais pas non plus particulièrement informé de l'histoire de la bande de Gaza : j'en savais ce qu'en sait un adulte européen qui lit la presse et picore de l'information sur Internet, ni plus ni moins. J'ai craqué en librairie en voyant l'objet livre lui-même. Le thème m'intéressait, mais n'aurait pas à lui seul déclenché l'achat.
Le livre s'attache à raconter des événements survenu en 1956 à Gaza, pendant le conflit avec l'Egypte. Joe Sacco a vécu plusieurs mois sur place pour reconstituer, à partir des récits des survivants, les événements de 2 ou 3 jours. Mais 50 ans, c'est long, et les souvenirs sont partiels, les informations pas toujours de première main, et les récits se contredisent. Patiemment, Sacco collecte les fragments, les compare, avant de décider de les intégrer ou non. C'est un passionnant travail de journalisme, dont on voit à la fois le résultat - la reconstitution des événements de 56 - et l'élaboration. C'est aussi, évidemment, une réflexion sur la mémoire, le témoignage, et la subjectivité. Mais c'est aussi une réflexion sur l'intemporalité du problème palestinien, puisque les récits de 1956 se croisent avec ceux des gazaouis que Sacco fréquente pendant son investigation. Jamais prétentieux, toujours profond, le livre est d'une très grande richesse, et, en replaçant les individus au sein de l'Histoire, permet finalement de la mettre en perspective et de mieux l'aborder. Pour tout cela, Gaza 1956 est une très grande réussite.
Mais je ne peux pas m'empêcher de rapprocher ce livre avec les travaux de Scott McCloud (L'Art invisible), le grand théoricien de la BD, qui démontre que la BD peut servir de medium à autre chose que la fiction. Joe Sacco livre ici une très belle démonstration de son affirmation : le support BD est ici indissociable de la construction de l'enquête, permet des allers-retours entre 1956 et aujourd'hui, des juxtapositions, des effets de style (Sacco se dessine façon comics underground des années 70 alors que tout le reste est dessiné de façon réaliste et épuré), des jeux formels, des reconstitutions. Au final, on est scotché tout au long de la lecture, sans savoir si c'est le travail de fond qui impressionne le plus, ou l'inventivité formelle. Inutile de chercher à départager, les deux sont indissociables, finalement.
Je fais remonter une fois de plus un billet de Philippe publié initialement le 20 mai 2007 (punaise, 3 ans).
Trois gamins regardent le ciel par une nuit d'automne. Il y a Jason, le génie, dont la vie est toute tracée : il sera le digne successeur de son père et deviendra un grand capitaine d'industrie. Il y a Diane, sa jumelle, qui n'a aucune place dans la stratégie paternelle. Enfin il y a le fils de la femme de ménage, autant dire un gamin très subalterne. Les trois gosses regardent le ciel quand l'impensable se produit : les étoiles s'éteignent. Rideau sur la scène spatiale. Fondu en noir cosmique. Ces trois vies emmêlées ne vont avoir de cesse de tricoter une relation intense entre elles tandis que le monde perd le nord sans Stella Matutina et ses soeurs.
Comme je le disais dans un précédent billet, si un livre prend la poussière sur ma table de chevet, c'est le signe d'un profond inintérêt. Si j'hésite entre lire un chapitre et regarder le bulletin météo, c'est très mauvais signe. J'ai dévoré Spin en moins de 24h. Quand je suis arrivé au milieu des 600 pages, c'était pour me rendre compte qu'il était déjà minuit. Un livre qui absorbe le temps, vraiment (et à plus d'un titre). Je voulais avoir le fin mot de l'histoire. Pas seulement savoir si l'auteur avait une explication plausible pour son formidable coup de théâtre d'ouverture, mais surtout savoir comment la relation entre les trois personnages allait évoluer au fil des ans.
La grande force de Robert Charles Wilson dans ce roman, c'est de jouer sur plusieurs tableaux. Il y a un niveau sentimental, une couche suspens SF avec des grandes théories sur l'univers, l'évolution et l'hommerie, une épaisseur philo-religieuse... Ce n'est pas un livre de SF, c'est un mille-feuilles.
La seule faiblesse à mes yeux, c'est l'explication du pourquoi du comment de tout ce bazar. Elle n'est pas bancale, elle n'a pas à mes yeux la grandeur que sous-tendait le récit. Je crois que je préfère rester dans l'ignorance plutôt que d'avoir une telle explication. Ça m'avait déjà fait le coup avec Darwinia et dans une moindre mesure avec Les Chronolithes.
Toutefois, malgré le réel plaisir que j'ai eu a dévoré Spin tel un boulimique en fin de carême, je ne vais pas me jeter sur sa suite, Axis. Je ne suis pas certain de vouloir visiter la proposition finale de Spin. Je préfère rester sur une bonne impression.
Mais bon, si Philippe me prouve qu'Axis est aussi fort que Spin...
Cédric
Les éditeurs qui rédigent les 4e de couverture gâchant le plaisir de lecture devraient subir le même sort que les monteurs de bande-annonce qui racontent tout le film. En attendant que le "spoiling" soit inscrit au code pénal, j'essaie de choisir mes lectures sans retourner le livre pour lire ce fatras marketo-synthétique. Du coup, à quoi puis-je me raccrocher, seul devant un étal en librairie ?
- Au nom de l'auteur : Robert Charles Wilson, canadien, très aimé par la critique, intello, humaniste et très imaginatif selon la rumeur. Car je n'ai rien lu de lui, donc je n'en sais pas plus.
- A la couverture : Oh, surprise, du Manchu. Ce type-là truste les couvs en SF, mais on ne s'en plaindra pas trop. Les perspectives de ses décors et les looks des véhicules qui donnent envie de ressortir sa boîte de Full Metal Planet sont assez plaisants, bien que répétitifs. Mais c'est mieux que les crottes en dégradé de rose et d'orange de Paternoster pour Ailleurs & Demain et le Livre de Poche.
- Au bandeau de couverture : prix Hugo 2006, que ça dit. Est-ce que c'est significatif ? Il fut un temps où le Hugo consacrait un bon roman de SF. Puis on a eu de mauvais romans de SF, de bons romans de Fantasy, et enfin de mauvais romans de Fantasy (essayez Paladin des Âmes, de Bujold, tellement insipide que j'ai même la flemme d'en faire un billet).
Bref, tout ça ne donne qu'un a priori légèrement positif envers le dernier livre de Wilson, Spin. C'est plaisant de se laisser surprendre par un livre, et ça l'est encore plus quand on est très heureusement surpris. Je vais finir par acheter tout ce qui sort chez Lunes d'encre de Denoël, car pour le moment je n'ai jamais été déçu par leurs choix éditoriaux.
Le point de départ de Spin est à la fois très original et très ambitieux : une nuit d'hiver, trois enfants voient les étoiles disparaitre : la Terre vient d'être entourée d'une membrane l'isolant complètement du reste de l'univers. Chacun de ces enfants réagira différemment à ce traumatisme, et on assiste, tout au long de leur vie, à leur quête pour essayer d'en comprendre l'origine : recherche scientifique chez un, fondamentalisme religieux chez l'autre, repli sur son quotidien et détachement des autres pour le 3e. A travers eux, on voit l'impact de l'événement sur l'ensemble de notre société. Car cet évènement n'est pas le prélude à une invasion extra-terrestre, mais bien un cataclysme cosmique d'origine inconnue qui va pousser les hommes à s'interroger sur leur place dans l'univers et sur leur planète.
La grande force de Spin, c'est d'équilibrer de façon idéale tous ses éléments constitutifs, sans qu'aucun soit sur-développé au détriment d'un autre : questionnement métaphysique, réflexion sociologique, étude psychologique, débat écologique, stimulation intellectuelle, suspense, jusqu'à la toute dernière page. Avec un début comme ça, on attend évidemment l'auteur au tournant, mais la fin est à la hauteur du reste du livre - ce qui est suffisamment rare en fiction pour être célébré. Qui plus est, le livre est admirablement écrit, avec une construction en flash-backs imbriqués les uns dans les autres, des dialogues prenants et des scènes envoutantes. Mais surtout, Spin réussit parfaitement l'insertion du micro dans le macro, car le destin des personnages, amoureusement dépeints et tangibles, se reflète sans cesse -et vice-versa- dans les questions générales et l'évolution de la société. Et le dénouement du livre réussit à concerner à la fois le mystère originel et le noeud de relations des personnages. Spin n'est pas un roman de hard-science, loin de là, mais il stimule puissamment l'imagination et la réflexion et l'auteur va jusqu'au bout de son idée de départ, surprenant régulièrement le lecteur dans ses développements.
N'en disons pas plus. J'ai essayé de décrire le plaisir de lecture du livre sans rien dévoiler de son intrigue. A vous d'essayer maintenant. Je serais curieux d'avoir d'autres avis sur le message du livre : optimiste ou pessimiste ? Je vais aussi essayer d'autres bouquins de Wilson, qui semble avoir un don pour les bouleversements et les situations science-fictionnelles originales :
- Les Chronolithes : En 2021, un immense obélisque apparaît soudainement, comme surgi du néant, à Chumphon en Thaïlande. Ce monument commémore la victoire d'un certain Kuin... à l'issue d'une bataille qui devrait avoir lieu en 2041. - Darwinia : Mars 1912, l'Europe et une partie de l'Angleterre disparaissent subitement, remplacés par un continent à la faune et à la flore non terrestre.
Ça a été limite, cette fois. Le douzième commentaire est arrivé à la dernière minute. Patrice nous livre cependant les versets 8 et 9. Il reste encore 2 versets à publier pour que la première partie soit bouclée.
L'objectif pour cette semaine est de 12 commentaires.
Précision pour les lecteurs distraits : il ne s'agit pas de la biographie de Jean Tigana.
Imaginez une sorte d'Italie déformée, une Italie de fantasy. Une terre qui sert d'échiquier entre deux tyrans d'une autre nation qui se partagent ce gros gateau dans l'espoir d'amasser assez d'or et de puissance pour prétendre au trône de leur pays d'origine. Oui, tout comme certains généraux romains guerroyaient dans des provinces lointaines pour revenir couverts de gloire à Rome. Et dans cette Italie médiévale où la magie fonctionne, un sorcier maudit un jour toute une nation et la raye de la conscience des hommes. Désormais, plus personne (ou presque) ne se souvient de Tigana. Seule une poignée d'hommes se rappelle de leur fierté nationale et jure de venger l'affront fait à leur peuple. L'intrigue nous fait suivre différents personnages, dont une troupe de chanteurs et une concubine de harem.
Guy Gavriel Kay est canadien. Ça doit être le plus gros vendeur de fantasy du Canada car ses bouquins sont très présents sur les étagères. Des gros pavés qui ont tous pour cadre une nation ou un civilisation de notre Histoire que l'auteur s'amuse à plonger dans la fantasy en créant une Chine de synthèse, un ersatz d'Espagne, un reflet de l'empire romain. Le monsieur a même participé au travail de compilation du Silmarillion.
Tigana a une thématique très intéressante : la quête de l'identité nationale. Pas celle où l'on cherche à faire peur en diabolisant le voisin qui n'a pas le même bronzage, non, celle plus noble d'une nation maudite qui n'a même pas conscience de s'être oubliée. Le Breton, le Québecois ou le Séquanodionysien sauront y trouver un écho de leur réalité identitaire. C'est La découverte ou l'ignorance en roman.
Sauf que.
800 pages. Une montagne qui accouche d'une souris. Ça traine en longueur, pire qu'un dimanche pluvieux avec la énième rediffusion de L'aile ou la cuisse. La vengeance des descendants de Tigana traîne sa mollesse sur des pages et des pages. Oh, il y a bien quelques péripéties, mais elles peinent à justifier autant de bla-bla. Le récit se transforme lentement en bourbier. Je me suis ainsi empêtré dans plusieurs chapitres sans que j’arrive à me rappeler qu’il s’y soit passé quelque chose d’important ou de vaguement excitant. D'ailleurs, le livre a poireauté de nombreuses soirées sur ma table de chevet, ce qui est assez révélateur de mon manque d'enthousiasme. 800 pages, c'est beaucoup trop pour cette histoire. Pour bien faire, il faudrait arracher une page sur deux du livre.
Un mot maintenant sur la réinvention de l’Italie medfan. Je suis du genre à penser qu’il faut faire plus que de simplement renommer le café « khav » pour faire rêver un lecteur. Je ne demande pas des dragons et une prophétie, mais un minimum de détails pour donner de la profondeur au décor. Des jargons, des coutumes bizarres, un paysage qui fascine. Mais les provinces de ce pays imaginaire ont toutes la même saveur. Je n’ai jamais été embarqué dans cet univers, l’auteur a gardé une distance permanente entre moi et son univers. L’Italie est une terre éminemment variée, mais son pendant fantasy est très limité. Et les personnages n'ont rien fait vibrer en moi. On m'avait parlé d'une filiation avec Dumas, mais je n'ai rien lu de tel.
Donc, une question aux lecteurs de Guy Gavriel Kay : est-ce que ses autres bouquins sont du même tonneau ? Parce qu’à lire les 4èmes de couverture, je suis intéressé par ses propositions littéraires, mais comme j’ai l’impression qu’il n’écrit rien en dessous de 800 pages, je n’ai pas envie de me retrouver encore une fois enlisé dans un autre pavé. Suis-je tombé sur un roman faible du monsieur ?
J’aurais aimé aimer Tigana. On est loin d'un livre édité par Bob, mais ce n'est clairement pas le livre que j'ai cru voir dans les critiques laudatives suivantes :
J'ai hésité en écrivant ce billet. Au départ, je voulais passer Elantris, le premier roman publié par Sanderson, à la BOBinette. Mais, finalement, c'est trop sévère. Les romans de Sanderson possèdent bien plus de qualités que de défauts, et, comparés à d'autres productions critiquées par Bob, ils s'en tirent haut la main. Car, on le sent à travers chacun de ses livres, Sanderson est un artisan, amoureux du travail bien fait, et il peaufine soigneusement son univers, ses systèmes magiques, et les ficelles de son intrigue. OK, il n'a pas le talent d'un Jack Vance ou d'un China Miéville et ses décors ne prennent pas vraiment vie; OK, ses personnages semblent parfois plus des incarnations de stéréotypes que des personnalités crédibles (c'est plus vrai dans Elantris que dans Mistborn); OK, les ressorts de son intrigue reposent de façon trop visible sur la coïncidence ou l'intuition salvatrice du personnage; OK, enfin, son soin à tout expliquer et justifier rend parfois le tout un peu trop carré, trop ficelé, et bizarrement rationnel sans être tout à fait logique.
MAIS
Sanderson, ainsi qu'on le voit à travers son blog, respecte ses lecteurs et écrit les romans que lui-même aurait envie de lire. Il est peut-être trop sincère et naïf pour prendre aux tripes (difficile de se prendre vraiment d'affection pour ses personnages chastes et idéalistes), mais il écrit de la Fantasy pour jeunes adultes, pas du roman noir. Ce n'est ni Chandler ni Ellroy, mais par rapport aux cyniques qui décident de devenir les nouveaux GRR Martin en collant ensemble des scènes de bataille mal raccordées par des intrigues débiles dans des Moyen-Age de carnaval, il n'y pas de photo. Pas plus qu'avec les auteurs d'un succès unique qui continuent à écrire encore et encore le même premier roman décliné à toutes les sauces.
Comment ? De quoi parle le livre ? Vous voulez un résumé en plus ? Heu... Il y a une ville de demi-dieux, dans laquelle vont habiter les gens qui manifestent spontanément des pouvoirs magiques. Cette ville et le pouvoir qu'elle représente maitient tout l'équilibre géopolitique du continent. Et tout d'un coup, patatras, les demi-dieux perdent pour une raison mystérieuse leurs pouvoirs, et deviennent des créatures affaiblies et fragiles. La ville devient un ghetto dans laquelle on jette les gens qui continuent à manifester sa marque, mais de façon pervertie. C'est ce qui arrive au prince héritier du royaume, la veille de son mariage, ce que ne sait pas sa fiancée qui arrive le lendemain. On suit ensuite leurs deux histoires, celle du prince qui essaye de survivre et de comprendre les raisons de la présente condition, et de la princesse qui découvre la cour, les intrigues de palais, ainsi que la diplomatie puisque la situation, qui était de plus en plus tendue, est sur le point de sombrer dans la guerre et le chaos. Comme je le disais, c'est bien foutu, c'est du one-shot, et ça se lit très agréablement.
En vérité, je vous le dis : 10 commentaires il vous a été demandé, et 10 commentaires ont été envoyés. Patrice n'ayant qu'une parole, voici le verset 7 livré pour nous. Téléchargez et lisez-le tous, car ceci est son Verbe.
Mais Dieu, comme le fisc, en veut toujours plus, mes frères. Si bien que frère Patrice, depuis son monastère de province où il enlumine ses évangiles en murmurant d'antiques quantiques, attend de vous, ses ouailles, la somme astronomique de 12 commentaires.
Alors on sort les doigts du missel, on arrête de s'astiquer le chapelet et on y va de son petit mot.
Allez hop, je fais remonter ce billet initialement publié le 27 février 2010. Non pas parce que j'en suis fier, mais parce que la première saison de Spartacus s'est terminée cette fin de semaine. C'est donc l'heure du bilan.
Une précision pour les celles et les ceux qui ont vu le pilote et ont décidé que cette série était aussi vaine qu'une télé-réalité italienne : vous aviez raison. Ça ne pisse pas loin. Le gerbe de sang en 3D et les esclaves nues castées au salon de l'érotisme de Budapest viennent totalement décrédibiliser le travail du scénariste. Les combats ressemblent à des séquences de jeu vidéo où le héros arrive même à décapiter un ennemi avec une chaîne de métal (sic). Évidemment, les gladiateurs semblent tout droit sortis d'un calendrier des Dieux du stade.
Pourtant, je me suis accroché. Parce que Spartacus est sans doute le premier mythe marxiste de l'Histoire. Et puis qui n'aime pas les films de gladiateurs ? Et pendant les deux premiers tiers de la saison, j'ai aimé détester cette série. L'ambiance y est aussi romaine que le couscous Garbit est arabe. Et soudain, le dernier tiers s'est révélé intéressant. Si, si. Le scénario a enfin pris le pas sur les effets spéciaux et la nudité. Il y avait une... le mot est énorme... une intrigue. Enfin. Ce n'était plus un clip vidéo de 50 minutes avec du rock pendant les scènes d'arène filmées sur un fond vert, c'était réellement une série télévisée.
Et là, paf, le final de la saison, le s01e13 dont on attend plus rien. Une tuerie, une vraie. Du sang et des larmes, non pas pour Arioch, mais pour l'un des premiers mouvements sociaux de l'Histoire (car la Sicile avait déjà connu une révolte d'esclaves, et il y avait eu des grèves ouvrières en Égypte). Toute la frustration de cette première saison salace et gore a giclé à l'écran. Les vraies choses commencent enfin : Spartacus négocie avec le patronat à coup de glaive. Et je me demande bien comment ils vont pouvoir rendre la suite de la révolte. Car autant cette première saison était intimiste, avec une école de gladiateurs, une petite arène et une rue pour les rares scènes en extérieur, autant la suite de l'histoire va nécessiter du grand déploiement. Les batailles contre des légions sur les pentes du Vésuve, ça va demander un minimum de talent au niveau de la caméra. Et du figurant. Parce que dans mon souvenir, les révoltés se comptaient en dizaines de milliers.
Et comme l'acteur principal vient d'apprendre qu'il a un lymphome, la saison 2 risque d'attendre. Alors les producteurs ont une idée de génie pour maintenir l'intérêt du public en attendant la suite : une préquelle. Toujours tournée en Nouvelle-Zélande.
Bref, pour résumer : Spartacus est bien moins con qu'il n'y parait. Mais il faut accepter que Marc Dorcel prenne souvent le contrôle de la caméra et que les combats prennent des allures de productions de la Troma.
Chez Hugin et Munin, nous aimons éduquer notre lectorat.
De la fantasy et de la SF, oui, mais le goût des belles choses avant tout.
C'est pourquoi nous vous parlons aussi bien de La vie sexuelle d'Emmanuel Kant signé par Jean-Baptiste Botul que de la philosophie objectiviste sous-tendant l'oeuvre de Terry Goodkind.
C'est comme ça, c'est le bloguisme sans concession.
Et pourtant.
Quand je ne réfléchis pas sur les rapports entre Avatar et la dénonciation de l'aveuglement des intellectuels face à la séduction communiste par Raymond Aron, j'avoue que je baisse parfois ma garde.
C'est ainsi que Spartacus: Blood and Sand est devenu en l'espace de quelques épisodes un de mes péchés mignons. Surfant sur le succès du film 300, de la série Rome et de la BD Alix, des producteurs sachant parfaitement renifler le marché (dont Sam Raimi, le cochon truffier de la bouse visuelle) ont eu l'idée de lancer une série sanglante racontant la révolte des esclaves. Décor numérique, scènes de combat ultra-clipées, gerbes de sang en 3D à chaque coup, dialogues dignes d'une telenovela chilienne : tout est là pour offrir chaque semaine une vraie tranche de nanar. C'est tellement assumé par les producteurs de la série qu'ils sont allés chercher l'actrice principale de Xena pour enfoncer le clou de la ringardise.
Alors quoi, une série télévisée d'action avec des beaux gladiateurs bien huilés, des membres tranchés et des tonnes d'hémoglobine sur un fond historique plus léger que du balsa, c'est pas la mort. C'était sans compter sur le flair des scénaristes qui ont su ajouter un ingrédient pour capter le spectateur : du cul, du cul, du cul. C'est Spartacus rencontre 36 15 Ulla. C'est gratuit et ça fonctionne. On parle directement à mon cerveau reptilien avec ce language de sang et de luxure. Oui, j'aime les types bodybuildés qui courent en slip dans la neige en balançant une réplique débile avant de découper du légionnaire romain en rondelles dans une ambiance plus gore que les 300 litres de faux sang de la scène finale de Braindead.
Non, parce que c'est bien beau les peplums à Cecil B. DeMille, mais de nos jours on peut faire aussi bien sinon mieux avec un écran vert, trois actrices de charme et le scénariste de Smallville.
Encore une superbe série télé que ces pisses-vinaigre de Télérama vont descendre en flamme.
Imaginez l'âge d'or de Florence. Ses maîtres de la peinture entourés de gitons et en train de créer des oeuvres immortelles. Les inventions folles de De Vinci qui mettent la vapeur au service de l'homme. Les complots politiques contre Rome, la papauté et l'Espagne. Les intrigues alambiquées qui font passer la famille Borgia pour des enfants de choeur... Et bien c'est tout ça, Les conjurés de Florence. Un décor steampunk qui oscille entre la mécanique et la magie. Une ville qui incarne le génie italien à son paroxysme. Une Renaissance fantasmée où l'Humanité est en avance sur son temps.
Mais que raconter dans un tel décor ? Et bien une complexe histoire d'assassinat avec comme toile de fond la venue du pape, une révolte savonarole et une guerre larvée entre divers fratries florentines. Et pour mener l'enquête, le jeune Pasquale, un artiste émergeant obnubilé par l'idée de peindre un ange. L'intrigue va se révéler avoir autant de couches qu'un mille-feuilles, et Pasquale va naviguer entre différentes factions pour comprendre qui manipule qui dans cette histoire. Malheureusement, je n'ai rien compris à ce complot. Enfin, si, j'ai bien saisi les tenants et les aboutissants de ce écheveau, mais je me suis endormi plusieurs fois sur l'ouvrage tellement c'était brouillon. Le fil rouge était très artificiel, l'implication de Pasquale infondée et les retournements de situation balourds.
Mais le grand drame de ce livre, c'est qu'il convoque toute une ribambelle de hauts personnages historiques : Raphaël, Michel-Ange, Machiavel, Copernic, De Vinci, la Joconde, une paire de Médicis... Tout le who's who florentin est convoqué à la parade pour donner du volume au récit. Or l'auteur, Paul J. McAuley, manque cruellement de talent pour donner à ces icônes historiques le lustre majestueux dont on est en droit de s'attendre d'elles. Les remarques politiques de Machiavel sont dignes d'une analyse géopolitique sur le plateau de France 3 Nord-Pas-de-Calais Picardie, les grands maîtres ne sont habités par aucune passion... L'invocation de la grandeur florentine manque totalement de souffle à mon goût. Alors quand dans le 4e de couverture, l'éditeur ose comparer ce roman au Nom de la rose et à Perdido Street Station, je me marre.
L'auteur m'a donné plusieurs coups de grâce en cours de lecture, en particulier avec des scènes où le héros prend du peyotl. L'auteur est botaniste de formation et avait 20 ans dans les 70's, je comprends d'où vient l'inspiration, mais le bouquin a été écrit dans les années 90, merde. Et la description de la technologie de vincienne n'est pas très inspirante non plus.
Au final, ça donne une intrigue sens dessus dessous dans un décor steampunk construit en contreplaqué. C'est loin d'être un mariage gagnant.
La Cité de Dieu a été une des claques cinématographiques de 2001. Après l'avoir pris en pleine figure, j'avais acheté le bouquin, qui sommeillait depuis enfoui sous plusieurs strates de romans de fantasy. Après avoir pris la décision de tous les donner à Bob, j'ai redécouvert plusieurs livres achetés il y a des années, que j'ai commencé de lire.
La Cité de Dieu est un quartier pauvre de Rio de Janeiro, construit à la va-vite dans les années 60 pour reloger en périphérie de la ville les habitants des favelas du centre-ville. Le projet urbain a consisté à aligner les maisonnettes et les immeubles bon marché, sans y mettre de véritable infrastructure. Surpopulation, pauvreté, isolement : tous les ingrédients sont réunis pour que le crime et la délinquance explosent, et c'est ce que raconte Paulo Lins, l'auteur du livre, d'après sa propre expérience et des années de recherche sur la criminalité carioca.
La lecture du livre fera voler en éclats les clichés que l'on pouvait avoir sur la "cidade maravilhosa" : pas de fille en string ondulant des fesses sur la plage de Copacabana sur des airs de samba, mais un quotidien âpre, violent, et misérable, entre des truands qui meurent jeunes et des travailleurs qui meurent pauvres. Les flics sont corrompus, le gouvernement est complice, les riches sont isolés dans leur sphère, et les habitants de la Cité de Dieu crèvent dans la poussière. Le livre est construit comme un collage de la vie de myriades d'habitants du quartier, d'histoires qui se croisent, reviennent en arrière, juxtaposés avec des faits divers macabres et des fragments de poésie. On perd de vue un habitant au surnom coloré, on le retrouve cent pages plus loin, est-ce le même ? Non, en fait c'est son frère - mais qu'est devenu le premier ? Ah, on apprend au détour d'une conversation qu'il est mort en taule. L'ensemble forme un magma de noms, de destins broyés, de vies misérables, d'enfants sacrifiés, dont le trait commun forme le thème dominant, et qui se fait de plus en plus lancinant, de plus en plus douloureux, à mesure que la fin approche.
J'avais beau avoir vu le film, lu d'autres livres sur le sujet, et même visité des favelas, je ne m'attendais pas à une telle secousse. Il m'est donc venu naturellement l'envie de revoir le film.
Le film a été réalisé en 2001 par Fernando Mereilles. Avant de faire carrière dans la pub, ce réalisateur avait été intéressé par le cinéma expérimental. On retrouve ces deux influences dans ce film secoué, qui adapte avec maestria le tumulte du livre. Car la comparaison entre les deux supports révèlent le talent du réalisateur, qui a su reprendre les scènes fortes, les adapter, les enfiler différemment; qui a supprimé des personnages, fusionné plusieurs autres, en fonction de ses besoins; et surtout, qui a su créé visuellement l'équivalent du maelström de destins individuels qu'est le livre.
La Cité de Dieu est aux Affranchis ce que Slumdog Millionnaire est à la Cité de la Joie : l'inventivité visuelle, le montage furieux, la bande-son faite de funk et de samba, appuient l'impact de l'histoire et la crédibilité des acteurs, quasiment tous amateurs et recrutés sur place. Fernando Mereilles, qui ne connaissait pas le quotidien des favelas, résidera avec l'équipe du film à la Cité de Dieu pendant tout le tournage, et la petite histoire dit qu'il y est resté après. En tous cas, il s'est suffisamment attaché à son équipe et son sujet pour prolonger le film d'une série, la Cité des Hommes, dont je vous parlerai la prochaine fois. En attendant, vous pouvez vous détendre avec une lecture plus réjouissante en suivant les conseils de Cédric dans ce billet-ci.
Allez, ce n'est pas bien, mais en guise d'amuse-bouche, on trouve les 10 premières minutes du film sur Youtube. A regarder pour la scène d'ouverture de préparation de churrasco du point de vue de la poule sur le point d'être embrochée.
La conjuration des imbéciles est précédée d'une belle réputation chez bien des lecteurs. Il faut dire que son auteur, John Kennedy Toole, s'est suicidé à l'âge de 32 ans après que son livre ait été refusé par tous les éditeurs de la place. Or la mère de l'auteur s'est battue pour que l'héritage de son fils trouve le chemin de l'imprimerie. Elle a démarché et trouvé finalement une oreille attentive en la personne d'un éditeur qui a publié le livre. Le roman est devenu un classique et a même gagné le prix Pulitzer. Oh ironie...
Le roman suit plus ou moins la vie d'Ignatius J. Reilly, un homme atypique qui passe beaucoup de temps et d'énergie à ne surtout rien faire. Plus obèse que Carlos et Demis Roussos réunis dans un même corps, il se plait à coucher sur le papier ses pensées faisandées avec l'espoir d'illuminer le monde de son génie incompris. Bien évidemment, il vit aux crochets d'une mère alcoolique et simplette qui ne sait plus quoi faire pour que son fils trouve enfin un boulot. Ignatius va finir par sortir de sa chambre pour se frotter à la réalité du monde du travail. Mais ça fera des étincelles. Car l'ego boursouflé du monsieur ne passe pas dans les cadres de porte des recruteurs.
En plus de cet anti-héros, le livre est l'occasion de mettre en scène tout une ribambelle de personnages totalement loosers. Je ne vais pas vous les énumérer car cela serait vous gâcher le peu de plaisir qu'il y a à lire ce livre. Mais tous ces protagonistes ont un point commun (en plus de graviter autour de ce trou noir qu'est Ignatius) : ils sont bêtes. Ils parlent mal, pensent de travers, agissent en dépit du bon sens et vivent tous des petites vies bien merdiques, même quand ils ont de l'argent.
J'avoue, en lisant le premier chapitre, j'ai cru à un canular éditorial. J'ai pensé qu'Ignatius et John Kennedy Toole ne faisaient qu'un et que le suicide du second était une invention, du storytelling, du buzz à la mode des 60's. Mais non, ce pauvre jeune homme a bien existé et s'est bien cassé le nez à la porte des éditeurs. Toutefois, 530 pages plus tard, je suis bien obligé de reconnaître que ce n'est pas pour rien que ce livre n'a connu aucune reconnaissance du vivant de son auteur : c'est un mauvais roman. Et son succès posthume tient, à mon sens, au besoin que les lecteurs ont de se faire raconter une jolie fable éditoriale. On a envie de croire que ces salauds d'éditeurs ont poussé à la mort un génie ignoré, on veut découvrir un chef d'oeuvre tardif qui a failli partir à la poubelle. Alors on prête à ce livre des qualités imaginaires pour que la réalité colle au mythe de l'auteur tragiquement fauché par la déprime. Et j'ai peur qu'au final, les imbéciles de la conjuration soient en fait les lecteurs qui crient au génie avec le reste de la meute pour un mauvais roman.
J'exagère ? Quand La conjuration des imbéciles est devenu un succès des ventes, un margoulin du livre est allé exhumer le roman de jeunesse de John Kennedy Toole (qu'il avait écrit à l'âge de 16 ans) pour surfer encore plus longtemps sur le pathos du pauvre auteur. Hollywood en a même tiré un film sans intérêt.
Maintenant, un mot sur la traduction. Je suis quelqu'un de raisonnable quand il s'agit de moderniser la langue de Molière. La disparition des accents circonflexes ne me fait pas pleurer. Mais alors qu'on écrive des mots comme "coquetèle", "chaubize", "ticheurte" et "cloune", ça me sidère. C'est à vous former des armées de nazis de la grammaire, une pratique pareille.
J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle concernant Jacobius, mémoire d'un inquisiteur.
Je commence par la bonne : Patrice Larcenet nous livre cette semaine deux versets pour le prix d'un. C'est comme ça, c'est cadeau. Enfin, cadeau, cadeau, c'est vite dit : en fait, c'est pour se faire pardonner, car à cause des vacances, la suite de la saga ne sera pas disponible avant le lundi 19 avril. C'est ainsi avec ces nouveaux auteurs : ils partent à Dubaï avec leur jeune fiancée Ludmilla et ne veulent pas entendre parler de régularité de publication. La chienlit, je vous dis...
Maintenant, la mauvaise nouvelle : le père Patrice a chopé le melon. Il exige maintenant 10 commentaires pour publier le verset 7. Oui, oui, vous avez bien lu : 10 commentaires. J'ai tenté de négocier avec lui, mais il y tient mordicus. Alors, ce que je vous conseille, c'est soit de faire un peu de pub autour de vous pour rameuter assez de lecteurs sur ce billet, soit de vous créer plusieurs comptes pour poster des commentaires et atteindre ainsi le seuil fatidique dans la quinzaine qui vient. Parce que je le connais, le bestiaux : Patrice ne lance pas des menaces en l'air. Les victoires à la Pyrrhus, ça ne lui fait pas peur.
PS : toi, oui, toi. Tu as un iPad et tu passes sur ce blog. Tu pourrais me dire si nos PDF sont bien lisibles sur ta tablette ?
Déjà, une couverture de Guillaume Sorel, c'est gagnant. On pourrait vendre des annuaires avec une couv' de Sorel dessus et je les achèterais.
Ensuite, je lis le 4ème de couverture, et dans la bio de l'auteur, je découvre qu'il a novelisé Resident Evil. Et in petto, je pouffe. Hi, hi, hi, comme c'est naze. Mais comme je n'ai pas lu cette adaptation et que je suis carrément jaloux de ce genre d'opportunité (j'imagine la lisibilité que ça donne à un auteur), je relativise l'information.
Dans un Japon fantasmé qui n'est pas non plus Rokugan, le grand Musashi prend un élève pour lui enseigner la voie du sabre. Et ce jeune homme va apprendre à marcher dans les pas d'un géant, une légende qui fend des crânes à coup de bokken. Seulement voilà : il ne suffit pas de côtoyer (cet accent circonflexe est dédié à Pierre "Saladdin" Gavard) Musashi pour automatiquement absorber sa sagesse et sa compréhension du monde. L'élève a beaucoup à apprendre car il part de loin.
Thomas Day signe là un roman d'apprentissage. Le senseï et l'élève, c'est un classique du genre. Le chemin du savoir a des étapes, on suit le cheminement du de l'apprenti avec plaisir. Ce qui est dommage, c'est qu'à la fin, on résume en quelques lignes de superbes aventures qui se déroulent en Corée et en Europe. J'avoue que ces passages m'auraient intéressé plutôt que d'être survolés à la va-vite. J'ai eu l'impression d'un roman tronqué. J'avais peur que Musashi écrase un peu trop le livre de sa présence (car ce n'est pas un héros qui me fascine), mais finalement il est très discret car souvent absent. Les quelques mots ou expressions japonaises utilisés m'ont permit de me rendre compte qu'en petit geek, j'avais un vocabulaire suffisant pour ce genre d'ouvrage saupoudré de nipponneries historiques.
300 pages, c'est court pour ce genre de parcours. J'ai été frustré par certains raccourcis narratifs, sans doute parce que La pierre et le sabre et La parfaite lumière s'offrent toute la place pour détailler une vie, mais ça a été une belle ballade dans un Japon magnifié. Ça m'a donné envie de retourner lire Kogaratsu et de revoir La mort d'un maître de thé.
Bon, je ne dis pas que je vais acheter Resident Evil, mais je vais chercher d'autres livres de Thomas Day, c'est certain.
Ça partait mal, je n'arrivais pas à lire le titre du bouquin à cause de la police de caractère. Je croyais que c'était Mordante, mais non, c'est Morlante.
Morlante, c'est le nom d'une créature de légende chez les pirates, un croque-mitaine pour adultes. C'est une sorte de brutasse armée de deux machettes qui découpe tout ce qui bouge est qui est invincible. Elle est capable de génocider un équipage complet. Mais Morlante, ce n'est pas que cette machine à tuer. C'est aussi un écrivain sensible qui entre deux massacres rédige des histoires de piraterie qui se vendent comme des petits pains. Morlante vit donc sa vie d'écrivain sanguinaire sur une mer des Caraïbes de la fin du 18ème...
Dans chaque librairie où je rentre depuis quelques mois, ce livre est toujours en tête de gondole avec un autocollant "On aime" censé refléter l'engouement que le bouquin suscite chez le personnel de la librairie. Alors forcément, un petit livre de 154 pages qui parle de piraterie, c'est tentant.
Déjà, 154 pages, c'est en comptant large. Les chapitres font 3 pages en moyenne et il y a très souvent une page de vide entre deux chapitres. Au final, c'est un livret très mince qui se lit en 1 heure et qui n'apporte rien. Le scénario n'est qu'une série de péripéties lamentables entre différents capitaines/pirates qui rivalisent d'imbécilité. C'est écrit sur un ton gaillard, en alternant une scène gore, un dialogue et une scène de cul. Car oui, ça baise à tout va sans Morlante, il n'y a pas que le sang qui gicle. C'est ça qui est supposé être le truc qui émoustille le lecteur. Et c'est assez pitoyable, au final.
C'est un délire d'auteur. Par exemple, au détour d'une page, le pirate très 18ème se met à chanter du Sex Pistols à tue-tête. Pourquoi ? On s'en fout, c'est un délire, tu vois.
Je ne connaissais pas Stéphane Dompierre, mais ce Morlante ne démontre pas une grande maturité d'écriture. Son Morlante ressemble à un vulgaire délire entre potes. Est-il ami avec tous les vendeurs des librairies dans lesquelles je vais ?
Bref, 10 euros/15 dollars pour 154 pages d'une très grande vacuité. Un prix pareil, c'est définitivement un acte de piraterie.
Comme je l'ai sous-entendu dans certains billets ces derniers temps, je suis en train de mettre le point final à mon tout premier roman. Inspiré des trois ouvrages que je cite en exergue, Charles de Gaulle contre les zombies se veut une critique acerbe du gaullisme.
Le pitch :
Les chefs qui, depuis de nombreuses années, étaient à la tête des armées françaises, se sont laissés mordre par l'ennemi. Ces chefs, alléguant la défaite de nos armées, se passés sous la coupe de l'ennemi et ont cessé le combat pour rejoindre les hordes sanglantes. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force sans vie de l'ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont la soif de sang et de chair fraîche des zombies qui nous font reculer. Ce sont cette soif de sang et de chair fraîche des zombies qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui se défend par delà la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis. Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mort-vivante, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force de combat supérieure. Le destin du monde est là. Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les chasseurs de zombies qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres.
457 pages de sang et de larmes. Mais aussi d'amour, avec une romance envoûtante avec l'indomptable Tante Yvone. Bref, un livre d'action sur les résistants, les vrais. Bientôt dans une librairie près de chez vous.